Les nouvelles chambres à gaz de Tel Aviv

Des scènes étranges,  peu relayées par les média, de chasse aux migrants noirs, avaient cours, ces derniers  jours, en Israël. Pris pour cibles par des meutes en furie, des migrants vraisemblablement réfugiés Soudanais mais surtout noirs, se sont vus pourchassés, allant même jusqu’à essuyer des incendies de leur immeubles, si ce ne sont des dommages physiques ou pertes en vies humaines. On est monté d’un cran dans l’effroi quand des manifestations drainant foule, convergeaient, scandant des slogans xénophobes et acculant les migrants noirs jusque dans leur retraite. Des voix politiques très officielles et Israéliennes, ont tenu des propos inqualifiables, appelant les populations à l’hostilité et excitant, ce qu’on avait déjà entrevu avec l’arrivée de la droite Israélienne au pouvoir, la fibre nationaliste la plus épouvantable. Le tableau noir fait froid dans le dos. Il fait tâche, double tâche. D’une part, par l’étrange silence sur l’information, oubliée sinon volontairement étouffée par les diffuseurs habituels. D’autre part, parce qu’il ressasse des démons du passé en cassant, et il faut féliciter, la fausse union des victimes de l’histoire dans la romance hypocrite qu’elles offraient au monde.

Les scènes de quasi- pogroms, de racisme patent, d’agressions et de mépris,  n’étaient pas un front national contre l’immigration clandestine comme l’ont avancé les arguments de défense formulés. C’était un racisme et une xénophobie qui atteignaient des sommets d’horreur, ils en sont impardonnables. Au delà du pincement au cœur, ces scènes revêtent sur ce sol juif, une étrangeté insoutenable. J’éviterai, à dessein, de baigner dans l’angélisme de la romance supposée entre certains peuples. C’est le plus long mensonge qui court. Les peuples sont ennemis, irréversiblement ennemis. Il faut le marteler au crédules. Les juifs ne sont pas amis des noirs, pas plus que les arabes et les noirs eux-mêmes. Il peut arriver des faiblesses à Frantz fanon, c’est trop rare pour qu’on lui tienne rigueur. Je ne suis pas plus ému que l’horreur provienne du peuple juif au vu de son passé car une conviction que j’ai mûrie, m’a permis de savoir que la capacité de souffrance des peuples n’avaient d’égal que leur potentiel de bourreau macabre. Ce qu’il faut fermement condamner c’est le racisme de ses scènes et non, le non assistance aux clandestins.

L’immigration clandestine crée partout où elle se déverse, un repli identitaire très violent. C’est un fait, certes peu reluisant, mais banal, voire irréversible. Il faut dès lors, être conséquent. Sécher ses larmes et savoir que l’épisode se renouvellera, ici et ailleurs, agir en amont c’est-à-dire pointer la responsabilité des peuples d’émigration.  Le  fait xénophobe se propage dans tout le monde, même en Afrique du Sud avec la situation peu enviable des ressortissants Zimbabwéens. C’est commun, cette faiblesse meurtrière et coupable des peuples à croupir dans leur paranoïa en affublant aux flux migratoires toutes les tares du monde. C’est une donnée consubstantielle à ce monde.

Cependant, dans cette déferlante Israélienne, c’est la violence ostentatoire du rejet et le  racisme sans détours qui frappent, et dans les termes utilisés, et dans l’attitude extrême. Voir ainsi, l’étoile jaune muer en peau noire, de surcroit frappée par l’indigence de réfugies, parquée, me pose des problèmes à moi le défenseur des juifs. Je n’ai pas manqué d’établir des parallèles entre ces immeubles qui fument et d’autres chambres de l’histoire et c’est ce qui rend ce fait unique, atrocement singulier. Je me suis toujours érigé contre l’antisémitisme, je récidiverai. Il est indispensable de ne pas tomber dans les amalgames. Et c’est là toute la délicatesse de la question. Mais l’Etat d’Israël est coupable. De laxisme. De complicité. Mais la surprise doit vite laisser la place à la lucidité qui crève l’œil. Rien n’unit les peuples à part leurs trocs marchands.

Après une plongée dans cet épisode étrange, je me suis amusé à étudier, par où, dans ce monde, le peuple noir, celui forgé par l’esclavage et les drames communs du racisme, avait des amies et bonnes presses. Nulle part. De la civilisation chinoise aux entités nègres elles-mêmes, le noir n’a pas une belle fiche. On l’infériorise, on le nie. Il est, par conséquent, urgent d’ôter les lunettes de billevesées pleines d’amours et savoir que les civilisations ne valent que ce qu’elles produisent et ce qu’elles donnent à voir au monde, et l’Afrique actuelle, ne produit rien, rien de consistant  ni pour s’émanciper, ni pour s’assumer, encore moins pour vivre. Si cette saignée n’est pas interrompue, elle nous tuera et elle souillera toujours les rivages occidentaux de flots de migrants qui fuient leur propre échec en lui préférant la perte de leur dignité pour des miettes.

Je sors de cette actualité convaincu et riche de sentiments que je me suis pourtant échiné à réfréner. Ce monde est violence, il est compétition sans merci, il est jungle, il faut l’appréhender tel quel, ruser, accepter les compromis les bénéfiques et capitaliser sur ses atouts. Seule l’intelligence individuelle des hommes peut s’éprendre de celle des autres ; celle des peuples est  inexistante. Les peuples n’ont pas vocation à s’amouracher. Seul le génie des peuples d’Afrique, dans leur production, leur inspiration et leur maturité économique, fera la différence et non les innombrables postures victimaires et sectaires qui ne sont que de longs leurres pour cacher une certaine incapacité. Pour finir, je veux savoir ce que l’Afrique produit comme peuple, et, oserai-je, comme civilisation, pour son destin aujourd’hui ?

Il faut être fort et irréprochable pour EXIGER.

Elgas

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