Interview d’Alassane Dème « Être jeune et entreprendre »

Njàccaar  est allé à la rencontre d’un jeune qui a décidé d’entreprendre, Alassane nous livre des secrets, des astuces et nous parle de son parcours de jeune Africain dynamique et entreprenant. Fondateur de NELAM SERVICES, en 2008 aujourd’hui il est à la tête d’une équipe de 12 employés.

1. Qui est  Alassane DEME ?

Un jeune entrepreneur qui fait de son mieux pour créer, développer quelques choses d’intéressants pour son environnement, son pays et son continent l’Afrique.

2. Pouvez-vous nous parler de votre parcours scolaire ?

J’ai eu mon bac scientifique à Dakar. Je suis parti faire mes études en France, j’ai fait deux ans à Pau et trois ans à Grenoble j’ai eu mon diplôme universitaire en informatique. J’ai eu à travailler environ deux ans à paris dans les Telecom à Bouygues télécom.

Un ami a décidé de rentrer au Sénégal et de créer une entreprise, quand il a eu son premier marché j’ai démissionné je suis rentré pour l’accompagner dans son projet ça a duré une année. J’ai décidé quand même d’en rajouter, ça faisait longtemps que j’avais envie d’aller voir l’Amérique du nord je suis donc parti aux USA pour faire un MBA, j’ai fait un master and Business administration à Boston, pour avoir tout ce qui est compétence en gestion d’entreprise.

Voila grosso modo mon parcours scolaire.

3. Pourquoi avez-vous décidé de rentrer au pays?

En vérité l’idée de ne pas rentrer chez moi ne m’a jamais traversé l’esprit, dans ma tête c’était claire que je partais pour étudier, avoir des diplômes et me former et qu’une fois la formation finie je rentrerais chez moi.

Je ne suis pas rentré juste après mes diplômes car je considérais que travailler un peu pour acquérir plus d’expérience faisait parti de la formation, voila pourquoi j’ai travaillé  un peu après mes diplômes, j’ai travaillé à peu prés deux ans à Bouygues télécom. Les diplômes une fois sorti de l’école ne sont pas toujours suffisants, le temps que je me suis accordé pour acquérir cette expérience professionnel a été très formateur, j’ai appris à travailler en entreprise à voir comment ça se passe réellement.

4. Pourquoi avez-vous décidé d’entreprendre au lieu de rester salarié comme la majorité des jeunes ?

J’ai été salarié pour commencer après mon MBA à boston j’ai travaillé pour une agence de l’état ARTP Autorité de Régulation de Télécommunication et Postes du Sénégal, mais j’ai été extrêmement déçu, très très déçu par mes chefs à qui je reproche le fait de ne pas avoir pour objectif principal d’aider à améliorer  déjà leur pays mais plutôt pour conserver leurs avantages, conserver leurs postes voire comment ils peuvent s’augmenter j’ai constaté que c’est plus cela leur profil que vraiment travailler aux priorités de leur pays. Ce constat m’a extrêmement déçu donc j’ai claqué la porte.

Apres je me suis dit pour être vraiment efficace, pour apporter ma pierre à l’édifice, si je veux vraiment contribuer à améliorer mon environnement, mon pays pour l’instant en tout cas, il me fallait créer une structure où je pourrais vraiment être efficace. Cette décision n’était pas la démarche la plus sage ni la plus intelligente (avec le sourire) mais aujourd’hui on commence à voir le bout du tunnel et se dire finalement ce n’était pas une erreur. J’ai créé une entreprise parce que j’ai pensé que c’est comme ça que j’aurais plus d’impact pour mon environnement, mon pays.

5. Présentez-nous votre entreprise.

Elle s’appelle NELAM SERVICE, nous faisons dans l’internet nous nous sommes spécialisés en web on va dire web mobile.

Notre objectif, comme  je dis souvent, notre mission c’est d’imaginer des solutions adaptées à des organisations africaines. Nous nous disons le web c’est bien, le web c’est très bien, oui nous le maitrisons nous le maitrisons même aussi bien que les autres mais maintenant qu’est ce que nous pouvons faire pour les réadapter a notre environnement ? Qu’est ce que sa peut apporter aux africains ?

Les gens se posent la question quand ils ont des débuts de réponses, ils essayaient de le mettre en pratique.

Nous avons commencé dans le monde de la culture, de l’art et du divertissement. Nous nous sommes dit qu’est ce que le web peut leur apporter nous  nous avons imaginés créer une plateforme web pour annoncer et donner des informations sur ce qui se passent à Dakar (http://www.agendakar.com/) car beaucoup de choses se passent a Dakar mais pas toujours facile d’avoir toutes les infos qu’il faut donc nous nous sommes dit pourquoi ne pas créer une plateforme sur le web qui annoncera toutes les informations culturelles sur Dakar.

Nous avons des projets de E-commerce, créer une plateforme pour vendre l’art africain.

Un projet de E-Learning à l’envers cette fois ci au lieu que ce soit nous qui allons toujours apprendre des autres, nous allons apprendre à notre tours aux autres. Nous avons nos langues par exemple des étrangers qui voudrons apprendre le wolof (la langue la plus parlée au Sénégal) qu’il y’ait une plateforme sur le web qui sera en mesure de bien le faire. C’est un gros volet la partie culturelle, réfléchir à des produits locaux web.

D’un autre coté nous proposons des services à des clients nous accompagnons des gens dans le développement de leur sites et de leurs applications, ce que nous appelons, la stratégie de la communication sur le net, il existe également le communiqué management tout ce qui est animation de leurs réseaux sociaux de leur site internet…

6. Quelles sont les difficultés que vous avez rencontrées lorsque vous avez décidé d’entreprendre?

Tout d’abord la pression sociale les gens te diront tu as un bon diplôme, pourquoi tu prends des risques il faut plutôt allez chercher un bon boulot et ne pas se fatiguer. Les gens ne comprennent toujours vraiment pas que tu choisisses ce chemin. Ils te diront que ca ne marchera pas, de laisser tomber, de trouver un boulot et de rentrer dans les rangs, le manque de soutien est un problème de taille

En deuxième lieu le financement c’est très difficile d’avoir les fonds, d’avoir les gens qui croient à fond pour t’accompagner car les banques ne le feront pas. Tu es jeune, tu te présentes, tu as plein de projets en tête, des idées ton courage. Les banques te demanderont des garanties solides pour te financer, en étant un jeune qui compte que sur lui même pour y arriver sans garantie, pour les banques c’est NON.

Avoir des gens qui t’accompagnent pour pérenniser ton entreprise, la faire vivre dans la longueur car faut le dire ce n’est pas facile les fin du mois sont difficiles on a du mal à payer les salaires des fois, il y’a des hauts et des bas.

7. Quelles difficultés rencontrez-vous en ce moment en tant que jeune chef d’entreprise?

La première chose qui est compliquée ce sont les promesses non tenues. Les gens ne te disent jamais NON, tu es un jeune entrepreneur, tu as ton projet que tu viens leur soumettre ils te disent c’est magnifique c’est bien les jeunes vous êtes formidables, nous sommes prêt à vous soutenir, acheter et investir. Ils te donnent leurs coordonnées et tout, mais une fois sortie de la réunion tu rappelles plus rien, tu n’arrives plus jamais à les joindre alors que ce sont eux qui se disaient très intéressés et prêts à te suivre. Il y’a trop de « masla » on te dit jamais la vérité directement du genre non le projet n’est pas assez bien mené pour que j’investisse, non ça ne marchera pas ou tout simplement je ne suis pas intéressé.

Encore une fois les problèmes de fonds, de financement, avoir le support financier pour pérenniser ton entreprise car des fois tu en gagnes un peu et des fois non tu pourras que compter sur toi-même, les gens ne sont pas toujours prêt à suivre un jeune financièrement.

8. Quelles pièges conseillez-vous aux jeunes qui ont envie d’entreprendre d’éviter?

Première chose c’est être sûr que vous avez la personnalité d’entrepreneur. On peut avoir une bonne idée et vouloir se lancer mais si on n’a pas une personnalité qui nous permettra de pouvoir supporter les coups durs car il y’ en aura, l’aventure peut être plus compliquée.

Et surtout ne jamais croire à tout ce qu’on peut vous dire et promettre tant que c’est pas validé avec la personne, ne jamais se baser sur les promesses pour faire des plans car les gens vous feront toujours plein plein de promesses mais au finale presque aucune promesse ne sera tenue.

9. Quelles expériences ou leçons en avez-vous tirées?

Ah ! Je suis toujours dedans, je n’ai pas encore fini mon aventure je n’ai pas encore pérennisé mon entreprise, je commence tout juste à voir le bout du tunnel et j’apprends toujours de tout et j’ai encore beaucoup de chose à apprendre.

Je dirais par contre ne plus croire à toutes promesses faites. Tant que le contrat n’est pas signé, ce n’est pas encore gagné, tant que le chèque n’est pas encore encaissé, ce n’est pas encore fini, tant que ce n’est pas signé et validé ce n’est pas encore vrai.

Ne pas hésité à parler de ces projets certains ont peur qu’on les leur vole,  il faut en parler ne jamais hésiter en a parler comme ça on peut avoir l’avis des autres, voir même avoir des nouvelles propositions qui pourront nous faire améliorer notre projet, avoir des astuces.

10. Certains jeunes disent ne pas pouvoir rentrer car ne pourront pas exploiter ou mettre en pratique leurs études.

C’est une mauvaise excuse je pense, il ne sera pas facile c’est un fait mais il faut éviter de croire que tout est insurmontable également. Moi je pense que la plupart ce n’est pas pour les jugés mais ils ont tout simplement peur et ne veulent pas abandonner le petit confort qu’ils ont déjà de l’autre coté. Il existe autant voir même plus de barrières dans les pays ou nous sommes étrangers que chez soi. Je dirais si vous voulez quelque chose de spécifique crée-le s’il le faut mais dire que nous ne pouvons pas et s’en contenter  moi je trouve que c’est juste trop facile et une excuse simple.

11. Vous n’y croyez pas trop?

A moins que vous fassiez des études informatiques appliquées à la physique nucléaire ou quelque chose du genre, je pense que vous devriez pas avoir des problèmes à pouvoir travailler dans nos pays, tout se crée, tout se fait ici et des nouvelles choses se créent tous les jours. Il faut juste avoir le courage de le faire mais dire que ce n’est pas possible non et non, je suis pas d’accord avec cette version. Internet est là tout est possible avec, les gens se forment sur tous les domaines donc il n’existe pas un grand décalage. C’est à tous les jeunes qui ont fait des études sur ces domaines de ne pas laisser s’installer un décalage, en comblant ce vide.

12. Les astuces?

J’ai eu la chance d’avoir eu une femme géniale qui m’a soutenue du début à la fin sur qui je pouvais compter et j’avoue que ça m’a facilité les choses, ce n’est pas évident,  tous les obstacles que nous avons rencontré quand nous décidons d’entreprendre, du soutien en parallèle, est un énorme plus.

13. Si c’était à refaire?

Je le referais (avec certitude), oui pareil on apprend toujours de ces erreurs ce sont des expériences en plus non je ne regrette pas,  des fois on se dit oui j’attends d’avoir plus d’argent ou quelques choses comme ça mais à vrai dire l’expérience que j’ai acquise durant ce traversé, l’argent ne pourrait pas me le procurer, car très riche en enseignement.

Fatou

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Classé dans Economie et Politique

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