Peut-on parler d’une politique à l’africaine ?

La question est ouverte et mérite d’être posée… Tout d’abord intéressons nous à l’histoire politique de l’Afrique post-coloniale.La politique est l’organisation méthodique, théorique et éventuellement pratique des actions d’un gouvernement au pouvoir sur des bases conceptuelles définies et finalisées en vue de maintenir l’équilibre social nécessaire au développement optimal et à la cohérence d’un ensemble territorial et de sa population, ainsi qu’à l’évolution de leurs rapports avec d’autres ensembles gouvernés.Sur ce point, on peut dire que la politique a existé de tous temps en Afrique, des dynasties des pharaons de l’Égypte antique à celles du bassin du Congo en passant le royaume Zoulou et celui du grand Mali, pour ne citer que les plus connus.

La différence fondamentale entre l’Afrique d’hier et celle d’aujourd’hui est dans le principe démocratique moderne, calqué sur les modèles occidentaux.

Les luttes et l’accession aux indépendances des états a donné un fort espoir aux africains sur la maîtrise de leur affaires et le contrôle de leur destinée.
Découpée comme un gâteau à la conférence de Berlin en 1884, nous pouvons encore de nos jours constater les conséquences de la colonisation.
Sous prétexte d’apporter la « civilisation », une vraie lutte de pouvoir pour des intérêts économiques ont rasé des empires, des dynasties entières et autres royaumes féodaux, pour faire place à un éclatement des sociétés africaines, une séparation des peuples et de leurs gouvernements. La suppression pure et simple (par la force et la guerre ne l’oublions pas) d’un système établi par un processus d’évolution des civilisations, pour un système imposé par l’appât du gain qui n’a absolument pas tenu compte des populations locales.
Ce parallèle me tenant à cœur, c’est un peu comme si quelqu’un arrivait dans votre maison en établissant par la force ce qui doit être fait, quand et comment, la répartition des pièces, les rôles et la composition des membres votre foyer.

Pour parler de politique « moderne » africaine, il est important de comprendre comment et pourquoi cette politique est arrivée en Afrique, et si le modèle sur lequel elle est calquée fonctionne lui-même.
La politique occidentale est ce qu’elle est et nous voyons, les dernières crises financières aidant, que finalement les intérêts économiques l’emportent sur la politique et que les deux sont intimement liés, en se demandant si elles ont déjà été dissociables. La question de la circulation de l’argent et du partage des richesses ne peut être éludée car elle met la lumière sur les véritables enjeux de la politique moderne, modèle imposé d’un monde occidentalisé.
Nous voyons bien que les disparités sociales se font de plus en plus larges, et qu’une oligarchie politico-économique règne sans partage sur un monde globalisé.

La « politique à l’africaine », ersatz de la politique occidentale, ne peut que perpétuer voire multiplier ces inégalités en plus d’être l’instrument d’intérêts économiques établis en dehors du continent.
Alors, le partage du gâteau se perpétue, au détriment des peuples africains… Tout le contraire de la démocratie… Politique à l’africaine ? Oui, c’est sûrement ce qui la caractérise…

Teddy P.

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1 commentaire

Classé dans Economie et Politique

Une réponse à “Peut-on parler d’une politique à l’africaine ?

  1. moussa

    Teddy
    merci très bonne analyse..
    politique à l’africaine …oui si elle existe vraiment ?
    j’en suis pas sur …!
    Ce dont je suis sur c’est que le 21 eme siècle est mal parti pour les générations avenir car le copier/coller occidentale produira de très grave dérives sur le continent .. et le retour des nationalismes exacerbés ..après 50 ans d’indépendance fictive .. achèveront le travail..
    c’est dommage que le charisme de certains hommes d’états africain disparus de nos jours ..ne soit plus à l’honneur ..justement à cause de l’économie comme vous le dites si bien.
    je conclurai par cette phrase du grand nationaliste Kamerunais Ruben Um Nyobe :
    « J’ajouterai simplement qu’il ne servirait à rien de constater et de dénoncer [les injustices et l’arbitraire du système coloniale] si l’action n’est pas organisée pour y mettre un terme. »
    merci
    Moussa

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