TIC, l’ère du tac-Till

On est passé de l’ère du temps à celui de la montre. Des TIC au tac et dans un consentement passif, on est rentré dans la secte du Till. Pendant qu’on roule à la montre, ce dernier contrôle le temps et amasse une grosse partie d’informations qu’il transforme puis revend en produits culturels aux masses.

Till nous observe, regarde nos modes de vie, s’en inspire comme une matière première qu’il va exploiter, façonner, réarranger pour ensuite innover, chambouler et bouleverser la perception du consommateur et déclencher ainsi des actes d’achats. Mais qu’achète-t-on ? On achète des concepts comme « tout en un », « l’impossible n’existe pas » ou « vivez la révolution numérique » bref du bien immatériel, censé procurer un bien-être réel, une place de client en lieu et place d’un produit.

En réalité c’est sa place dans la secte de Till, c’est-à-dire son « je », qu’on acquiert voire qu’on conforte ainsi. En effet il n’est pas rare de voir un travailleur mettre de côté de l’argent pendant toute une année de labeur en vue de l’achat d’un smartphone, Iphone 4s ou Blackberry Curve 8520 par exemple. Ne souscrit-il pas alors plutôt à cette tendance qui voudrait que le consommateur soit un objet étiqueté, standardisé et fidélisé pour ne pas employer le mot lobotomisé?

La dépendance s’installe et s’étale. La secte exige les coordonnées bancaires et le courriel sans oublier quelquefois l’adresse postale. Que reste-t-il de confidentiel ?

Maintenant Till a fini et réussi son entreprise. Son emprise s’étend et il met en place un système « ton tout en un » où tu sélectionnes un bout de chaque chose que tu aimes, emportes désormais par devers toi tout en pouvant le partager avec les autres adeptes. Exporter une partie de soi ou importer une part d’autrui devient monnaie courante. Il n’a plus besoin de nous observer. Nous lui disons ce que nous aimons et lui refourguons notre poubelle qu’il examine à  nouveau. La performance suprême de Till, c’est d’avoir réussi à  faire de nous des documents virtuels.

Possédés par les TIC, nos tics d’espoirs s’évanouissent sous les tic-tacs des aiguilles de nos montres.  On n’a plus le temps d’observer le monde par soi-même vu que Till le fait pour nous.

Babacar FAYE 

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Classé dans Culture et Société

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