« Pauvreté numérique » ou « Fracture numérique »

Nous nous réunissons aujourd’hui autour d’un problème précis, celui de l’intégration des nouvelles technologies au niveau de l’enseignement et de l’éducation en Afrique. Les méthodes mises en œuvre dans ces secteurs demeurent, hélas, précaires et dénudées de tout parfum qui nous emporterait vers le gout de l’évolution, de la recherche et du développement. Face à une gestion des ressources humaines, matérielles et financières demeurant manuelle, face à l’utilisation de nouveaux systèmes informatiques peu maîtrisés par ses utilisateurs, les systèmes d’informations éducatifs perdent en qualité, en performance et en optimisation de gain et de temps ; ce qui explique, peut être, le déphasage que l’on pourrait constater au niveau de l’existence et de l’utilisation des nouvelles technologies en Afrique.

Un déphasage que certains jugeraient, comme issu d’une pauvreté, d’un manque de moyens et de ressources. Je préfèrerai alors me ranger parmi les autres, qui ont une vision qui dépasse le cadre du manque. Nous parlons ainsi du fossé qui existe entre la population qui a accès aux TIC et ceux qui ont un accès limité, en d’autres termes de fracture numérique. Une différence que certains parmi vous jugeront peut être ambigüe ou inutile, mais mérite sa place dans la démarche adopté par celui qui veut élaborer un projet d’intégration de nouvelles Technologies, surtout dans la durabilité et la pérennité de son projet.

L’utilisation fulgurante d’Internet aux niveaux des pays africain, a fait de tel sorte que des passerelles ce sont créées, partant du continent vers les autres qui l’entourent. Une architecture qui autorise le voyage virtuel sans limites et sans frontières, qui laisse passer l’information, qui met les jeunes africains au parfum des nouvelles tendances technologiques, permettant ainsi d’être en phase avec le monde du numérique, et de s’approprier les petits jouets technologiques derniers cris, à savoir I-phones, les I-pad, les « Smartphones », les écrans TV 3D, les « Lap top » sophistiqués, ….. Une liste qui s’étirerait encore et encore sur des pages. Une possession et une présence des Nouvelles technologies, ce n’est pas ce qui est en manque. Si « pauvreté » rime alors avec « manque », il n’est pas alors question de « pauvreté numérique » en Afrique.

A mon avis, résoudre le problème de l’utilisation des nouvelles technologies au niveau de l’éducation en Afrique devrait nous orienter vers deux points essentiels : la finalité de l’utilisation des TIC et la fracture numérique. En termes de solution il est alors question d’harmonisation et d’une bonne utilisation. Nous parlons d’éducation et de formation, ce qui tend sans limites les esprits, vers les notions « influence » et « utilité ». Autrement dit, l’influence apportée au niveau de la société et l’utilité d’un outil ou d’une manière de faire suscitant évolution et amélioration des conditions de vie et de travail. Voilà des points essentiels à prendre en compte et que toute entreprise ayant pour objectif de résoudre ce problème devrait prendre en considération.

Une solution serait de revoir l’utilité finale de ces nouvelles TIC une fois acquise. Je m’explique. Si je suis un jeune étudiant ou jeune élève africain, ayant la chance d’avoir en ma possession une tablette numérique, au-delà du fait de l’utiliser à des fins ludiques – visualiser des fichiers audio ou vidéo, musicaux ou cinématographiques, par exemple -,  je pourrai bien insérer mes fichiers cours. Ainsi je pourrai m’amuser à défiler mes cours en cuisine, en lieux public, dans un coin tranquille, …. En ce sens mesurer l’utilité que pourrait m’apporter cette nouvelle technologie dans ma formation et même mieux, me donner des idées de perfectionnements que je pourrai apporter à cette nouvelle technologie. Il en est de même pour l’enseignant qui pourrait s’en servir pour visualiser ses cours ses pense-bêtes, et même pouvoir proposer plus tard un système éducatif autour de cet outil à ces collègues. D’autres exemples subsistent ; il y’a un travail de sensibilisation énorme à faire autour de l’utilisation des TIC en Afrique, celui de pouvoir identifier ce que l’outil m’a apporté de plus, au-delà du ludique, au niveau de ma formation et de ma culture générale, et en retour qu’est ce que je peux lui apporter. Une bonne manière d’avoir une influence « plus intelligente » au niveau des autres et de créer ainsi une uniformisation et une harmonisation en ce qui concerne l’utilisation des TIC.

Une solution qui va de paire avec la mise en place de projets pour éradiquer cette fracture numérique, de fournir un accès de plus en plus grandissant aux nouvelles technologies. Il ne s’agira pas seulement de venir installer une salle informatique dans une école, mais surtout d’assurer la pérennité et la survie de cette richesse technologique, en garantissant la formation des futurs possesseurs, que cela soit dans l’utilisation ou dans l’utilité même ce ces outils par rapport à l’enseignement. C’est ce qui fera le cœur du projet, sans cet état d’esprit derrière cette panoplie d’outils informatique, le message ne passera pas, le combat pour l’insertion de NTIC dans l’éducation et l’enseignement serait vain.

Il n’est pas uniquement question de « moyens », mais il est surtout question de « mental ».

Aïssatou Badiane

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Classé dans Sciences et Technologies

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