Par de la les barriéres

L’Afrique est incapable, cela veut dire quoi? Tout simplement que les Africains sont incapables. Pourquoi alors dit-on que les Africains sont incapables? Parce que ce sont des consultants étrangers établis à des milliers de kilomètres de leur milieu social, qui décident quotidiennement pour eux, à savoir sur comment ils se doivent de gérer leur vie.

C’est à se demander, à quoi nous servent les écoles, les universités et les instituts de formation qui forment des milliers de jeunes Africains chaque année dans tous les domaines?

Nos dirigeants nous incitent à nous former pour ensuite nous mettre dans l’incapacité à nous auto-gérer, paradoxe inexpliquable et incompréhensible pour nous, jeunes africains.

Il faudra nous attendre à notre propre disparition si toutefois cette situation perdure. Les Africains n’ont donc pas d’autre choix que celui de faire appel, urgemment, à leur conscience (actuellement sciemment étouffée au bénéfice de comportements futiles), afin de la dévouer au redressement de la terre-mère.

Tel est l’état d’esprit qui devrait animer chaque Africain : hommes, femmes et enfants, car aucun peuple ne s’est “développé” en sous-traitant sa destinée.

L’africain doit comprendre que l’émergence d’une société n’est point une affaire d’État, encore moins celle d’économistes ou d’humanitaires étrangers. Elle doit plutôt émaner des individus qui composent la dite société.

Une remarque : l’Afrique est le continent le plus aidé au monde mais elle demeure, malgré toute l’aide qu’on lui apporte, celui où l’on compte le plus de pauvres. N’y a-t-il pas là un problème ? Le moment n’est-il pas venu d’enfin de s’affranchir des barrières derrière lesquelles nous campons depuis des siècles ?

Notre quotidien, lui aussi, dépend de décisions prises soit par le FMI ou la banque Mondiale, ou, pis, par des États dont la propre survie dépend de nos ressources à nous.

C’est une façon de nous faire accepter notre incapacité à nous autogérer et de prendre en tant qu’homme responsable et avisé, des décisions qui sont en adéquation avec nos réalités africaines.

Fièrement planqués dans leurs bureaux climatisés durant l’été et chauffés en hiver, économistes et  journalistes définissent la pauvreté en Afrique en termes de dollars. L’une de leur phrases-formules fétiche ? “Des familles en Afrique vivent avec moins d’un dollar par jour”. Et voilà qu’ensuite, ils appellent le monde entier à se mobiliser pour combattre cette pauvreté. Seulement, ils ne peuvent ainsi seulement combattre ce qu’ils ignorent, car la pauvreté, ils ne la connaissent pas « réellement ».

Leur définition de la pauvreté en Afrique est donc incomplète, si ce n’est même carrément fausse, car ne reflétant pas la réalité. La pauvreté, ce ne sont pas seulement des individus vivant avec moins d’un dollar par jour, ce sont plutôt des hommes, des femmes et des enfants marginalisés et coupés de leur milieu social, suite à rapports et “décisions” de consultants étrangers, et ce avec la totale complicité de nos hommes politiques, pour la plupart inconscients, irresponsables et dont la seule motivation est leurs intérêts cripto-personnels. Ainsi naît la pauvreté en Afrique, et ceux qui prétendent nous en sortir, sont ceux-là même qui en sont les auteurs.

Il faut donc que les africains sachent qu’il en sera ainsi tant que nous nous sentirons encore incapables de nous auto-gérer. En effet, nous avons tout ce qu’il nous faut pour le faire : les ressources humaines, naturelles et minières, et, logiquement, les finances nécessaires si nous prenons en compte le contenu des comptes bancaires de nos dirigeants et de leur progéniture, argent savamment planqué dans les paradis fiscaux, en Europe, aux USA et dans les pays arabes.

Mais jamais nous n’y arriverons, à moins d’y mettre, tous, une bonne dose de volonté et de rigueur, suivie surtout d’actions utiles et efficientes.

Il nous faut penser un nouveau modèle africain basé sur des réalités africaines et nous passer des futilités qui n’apportent pas de lendemains meilleurs.

L’Europe s’est construite par la barbarie et a émergé par la barbarie : négriers, guerres et révolutions sanglantes auxquelles les africains ont été activement mêlés.

Les Etats Unis d’Amérique, eux, se sont construits et ont émergé dans l’inhumanité grâce à l’esclavage d’hommes, femmes et enfants africains.

L’Afrique, elle, a vu naître l’humanité et ne pourra se reconstruire puis se redresser que par celle-ci, qu’il faudra alors qu’elle retrouve, afin que les africains s’auto déterminent et puissent rejeter toutes ces idéologies destructrices qu’on nous oblige à adopter, sous peine de sanctions.

Or c’est déjà une SANCTION sévère pour nous, les africains, que de rester dans cet état pitoyable de pauvreté. Nous devons coûte que coûte franchir ces barrières derrière lesquelles nous sommes “sommés” de rester.

On nous fait croire que par-delà ces barrières, en les franchissant, nous ne trouverons que plus de pauvreté, de misère et d’isolement.

Mais… le monde ne se mobilise-t-il pas déjà  pour nous, soi-disant parce que l’Afrique est “pauvre” ? Et toutes ces guerres qui sont sciemment organisées contre l’Afrique, n’ont-elles pas déjà créé la misère ? Enfin, ne sommes-nous pas déjà isolés du monde, au vu de tous ces enfants en Afrique qui meurent encore de diarrhée, de paludisme ou de banals maux de ventre ?

Donc de quoi l’Africain aurait-il encore peur pour ne pas franchir ces barrières? Nous représentons et vivons déjà toutes nos craintes, n’est-il donc pas temps d’aller vivre par-delà ces barrières, ne serait-ce que pour voir ?

Nous sommes convaincus, qu’une fois les barrières franchies, nous connaitrons la prospérité, la dignité, et que nous aurons enfin le sentiment de vivre avec notre temps, comme des africains, et libres.

Le temps ne nous est pas favorable car on a déjà perdu des siècles en restant inactifs face à notre destinée, les discours pessimistes qui poussent encore plus à la passivité doivent aussi cesser. Nous devons prendre notre courage à deux mains, demeurer créatifs et nous départir de tout défaitisme dans nos actions et dans nos paroles, quant à notre capacité à redresser la Terre-Mère.

Pour cela, nous devons rétablir la conscience historique africaine, nous réapproprier notre culture avec toute la rigueur qu’il faut dans le but de nous désaliéner.

Nous devons aussi réanimer la solidarité africaine et mettre fin à nos conflits inutiles et vides de sens, souvent sous couvert d’intérêts cripto-personnels ou des influences étrangères.

Au niveau économique, nous devons imposer un modèle africain de la mondialisation, au même titre que l’ont fait les autres Etats. Pourquoi serait-ce l’Afrique qui devrait toujours être contrainte de se plier aux autres?

Jusqu’á preuve du contraire, l’Afrique demeure “la vache à lait” du Reste du Monde. Nous devons ainsi contraindre les Etats étrangers à se conformer obligatoirement à nos exigences, car notre priorité, dans le partage des richesses d’Afrique, doit être que ces mêmes richesses doivent revenir aux africains.

En outre la “dette africaine” devra tout simplement être annulée comme l’avait dit le Frère Thomas Sankara à Addis Abeba, car nous ne sommes pas responsables de cette dette, nous ignorons et son origine et son utilité. La dette est la baguette magique du FMI et de la Banque Mondiale pour mieux nous asservir, cela doit alors cesser tout simplement si nous aspirons à l’émergence. D’ailleurs, pour dire vrai, l’Afrique ne doit rien à qui que ce soit, encore moins à des banques en quête perpétuelle d’intérêts illégitimes.

Il y a néanmoins un préalable à tout ce que nous venons de décrire. Nous devons nous départir de tous ces hommes politiques complices de l’abrutissement des africains, du pillage à notre insu de nos ressources humaines, naturelles et minières, et les punir sévèrement. Ce sont ceux-là même qui nous tympanisent en “réclamant” l’indépendance de l’Afrique, le “criant” sur tous les toits, alors même que tout cela n’est que discours, les faits ne suivant point.

Ces hommes politiques véreux et peu soucieux de nos priorités sont les principaux ennemis de l’Afrique, ils savent nous divertir avec leurs acrobaties capitalistes, socialistes ou communistes, alors qu’ils ne maîtrisent aucunement ces courants de pensée étrangers. Puisqu’ils y vont à l’aveuglette, ignorant ainsi que le paradigme d’application de ces courants de pensée est limité et dans le temps et dans l’espace, qu’il n’est point approprié à l’Afrique et aux africains.

Si irresponsables nous restons, jamais nous ne pourrons franchir, ensemble, les barrières Et nous ne pourrons le faire qu’avec des africains dignes, rigoureux et conscients de l’urgence de nos actions pour faire émerger l’Afrique.

A méditer…

Par Sadio SANGHARÉ

Président du Directoire de Njàccaar Visionnaire Africain.

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