La jeune et talentueuse Dali Misha Touré

Nous allons à la découverte de l’auteur de « Confidence », « Cicatrices » et « Les bleus de l’âme ». Si jeune et déjà si majeure dans sa façon d’écrire et d’appréhender la vie, Dali Misha Touré nous parle de sa passion pour l’écriture et de son parcours.

NFS : Qui est Dali Misha Touré ?

 

DMT : Je m’appelle Dali Misha Touré, j’ai 17 ans, je suis lycéenne en première littéraire et j’habite à Aulnay-sous-bois. J’ai publié 3 livres,  » Confidences « ,  » Cicatrices  » et  » Les bleus de l’âme ».

 

NFS : D’où t’es venue l’envie d’écrire ?

 

DMT : Je suis quelqu’un de très bavarde et j’avais besoin de m’exprimer alors j’ai trouvé l’écriture comme moyen de communication. J’écris depuis que je suis en primaire. Avant j’écrivais plutôt des poèmes, puis je me suis mise à écrire des nouvelles que j’ai voulu partager avec un entourage plus large que ma famille et mes amis, j’ai donc décidé de me lancer dans la publication de mes livres.

 

NFS : Ton premier roman a été publié alors que tu devais avoir 14 ans. Tu dois certainement bénéficier d’un soutien familial sans faille pour parvenir à être si productive ?

 

DMT : Pour publier mon premier livre à tout juste mes 15 ans, j’ai dû faire toutes les démarches toute seule. Mon entourage m’a beaucoup soutenue dans mes projets. J’ai donc décidé de m’autoéditer et de devenir mon propre éditeur. Alors j’ai tout géré, de la publication à la gestion des droits, la promotion, la diffusion à la création de mon site web http://www.dalitoure.com/ sur lequel les gens peuvent commander mes livres.

 

NFS : Bénéficies-tu du soutien d’autres auteurs ?

 

DMT : Non je n’ai pas bénéficié du soutien d’autres auteurs.

 

NFS : Peux-tu faire un bref aperçu de tes ouvrages à nos lecteurs ?

 

DMT : Mon premier livre Confidences, publié en Mars 2010 est un recueil de nouvelles. Il y a une histoire sur une sans-papier qui a recherché son identité et qui s’est battue pour être reconnue en tant qu’individu pour la société. Il y a celle d’un jeune homme victime de racisme, des histoires sur la douleur éprouvée à la perte de l’un de ses proches et quelques poèmes.

Le second, Cicatrices publié en Novembre 2010 parle d’une jeune fille de banlieue qui a grandi dans une grande famille africaine avec un père polygame. Elle nous raconte son histoire, son vécu donc ses cicatrices… Il y a également celle d’un jeune homme qui devient handicapé du jour au lendemain suite à un accident et qui nous fait part de ses souffrances et d’une rencontre qui va chambouler sa vie et enfin celle d’une mère afghane qui raconte le viol de sa fille et la façon dont elle l’a traitée suite à cette nouvelle.

 » Les bleus de l’âme « , septembre 2011 parle de l’histoire d’un amour idyllique que seuls les coutumes empêchent d’unir. Il y a celle d’une fille qui est possédée par des esprits maléfiques et enfin celle d’une anorexique-boulimique qui souhaite idéaliser son apparence au péril de sa vie.

 

 

NFS : Les histoires que tu racontes dans tes livres ont l’air si réel. Sont-ce parfois des récits autobiographiques ou inspirés du vécu de personnes proches?

 

DMT : J’essaie d’être le plus lucide possible et de me rapprocher de la réalité. Ce ne sont pas des récits autobiographiques, bien au contraire et non forcément inspirés de mes proches mais plutôt de la vie. Malgré le fait que je ne sois pas triste alors que mes histoires le sont. J’essaie, durant quelques instants de me mettre dans la peau de ces personnes qui souffrent et de me demander ce qu’elles peuvent bien ressentir.

 

NFS : Parviens-tu à bien allier ta vie de lycéenne et d’écrivain ?

 

DMT : Oui l’écriture n’empiète en rien sur ma vie de lycéenne et vice-versa. J’essaie de ne pas tout mélanger car j’ai aussi d’autres centres d’intérêts, des projets qui aboutissent mais chaque chose à sa place. Il y a un temps pour écrire et un temps pour étudier. Ce qui est sûr c’est que l’écriture est indispensable à ma vie et que j’écris tout le temps. Que ce soient des histoires, des poèmes ou dans mon journal intime.

 

NFS : Dans Cicatrices, le personnage Rama ne s’est rendu qu’une seule fois en Afrique. Est-ce ton cas ? Comment qualifierais-tu ton attachement au continent africain ? Plus précisément au Mali ton pays d’origine ?

 

DMT : Je suis déjà allée au Mali deux fois et j’ai beaucoup aimé ! Je pense qu’y aller en vacances et vivre ensemble ça n’a rien à voir. Lorsque l’on part pour les vacances, on a de l’argent, on sort et on s’amuse mais les gens là-bas qui vivent dans la pauvreté ne voient pas les choses ainsi. Moi, j’aime beaucoup mon pays, je trouve qu’il y a une richesse car malgré le fait qu’ils n’ont rien, ils ont tout à la fois. La solidarité, la générosité, le partage sont leurs valeurs. Des valeurs qui valent mieux que la richesse je pense.

 

NFS : Tu es jeune et tu es sûrement un modèle pour les jeunes d’Aulnay-Sous-Bois et au-delà. As-tu déjà participé à des ateliers de lecture ou d’écriture pour aider des jeunes qui ambitionnent de devenir écrivain ?

 

DMT : J’ai effectivement participé à des ateliers de lecture et d’écriture pour aider les jeunes à s’exprimer. Je ne souhaite pas forcément aux jeunes de devenir écrivain mais plutôt de devenir ce qu’ils veulent être. Chaque personne a des rêves et le plus important c’est de les réaliser et d’aller au bout de ses projets peu importe ses origines, les préjugés parce qu’avec du courage, de l’ambition, de la patience et de la persévérance, on devient que ce que l’on veut être.

 

NFS : Comment assures-tu la promotion de tes livres ?

 

DMT : J’assure seule la promotion de mes livres et j’aime beaucoup. J’ai un rapport direct avec mes lecteurs, les libraires et l’imprimeur. C’est beaucoup de travail parce que les gens commandent les livres sur mon site et je me charge de les dédicacé et de les expédier.

 

NFS : Quels sont les projets à venir après les bleus de l’âme en Septembre 2011 ?

 

DMT : Pour l’instant je n’ai pas de projet et je ne sais pas si je compte publier des livres. J’ai une soudaine envie de faire une grande pause. C’est vrai que j’aime bien écrire mais il y a d’autres choses dans la vie LOL. Je me rends compte qu’en lisant mes livres, ils ne sont pas comme j’aurais aimé et c’est normal. Le premier je l’ai écrit à mes 14 ans et les autres de suite. Mais vous avez remarqué ? Je parle beaucoup de tristesse, j’écris des histoires réalistes, des situations de la vie. Certes je sens une petite évolution au niveau du style mais pas entièrement. L’encre dans laquelle ma plume se trempe tout le temps ce n’est que de la tristesse et à force d’écrire des choses toujours sur ça, ça peut devenir répétitif voire lassant. Je sais qu’il ne me faudra pas un an, ni deux mais beaucoup de temps pour me renouveler. Je prends du recul et pour l’instant je ne veux plus écrire mais me consacrer à d’autres choses, vivre et quand je serais plus grande, plus mature encore que je le suis déjà, je sais que je n’écrirais plus de la même manière. Mes trois premiers livres clôturent la première Dali Misha Touré et j’attends de renaître et peut-être que je reviendrais encore meilleure, avec un nouveau style qui me satisfera.

 

 

Propos recueilli par Ndéye Fatou Sarr pour Njàccaar-Book

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