Projection suivi de débat du film « Valdiodio Ndiaye, L’Indépendance du Sénégal »

Projection du film de Valdiodio Ndiaye, réalisé par sa fille Amina N’Diaye Leclerc et par Eric Cloué, suivi d’un débat co-animé par celle-ci et Boubacar Sagna, chercheur en histoire et philosophie à l’université du Mirail et consultant aux relations internationales de la mairie de Toulouse.

L’encyclopédie collective à vocation universelle Wikipédia parle de Valdiodio Ndiaye en ces termes : «Maître Valdiodio N’diaye (1923-1984) est un homme politique sénégalais, plusieurs fois ministre, également maire de Kaolack, sa ville natale. Il se distingue aux yeux des Africains en affrontant le général de Gaulle en 1958. Puis son destin bascule en 1962 lorsque, sous la présidence de Léopold Sédar Senghor, il est accusé de complot contre l’État, aux côtés de Mamadou Dia. Il passe alors douze années en prison, coupé de sa famille. Aujourd’hui encore cet épisode dramatique de l’histoire du Sénégal reste un sujet sensible et certains continuent de s’interroger sur le sens de cette élimination dans un pays naissant qui passait alors pour un modèle de démocratie. » Il ne s’agit pas ici de retracer la biographie de l’homme donc vous êtes invités à faire un tour sur ce lien et vous forger votre propre idée. (http://fr.wikipedia.org/wiki/Valdiodio_N’diaye)

Madame Leclerc s’est tout d’abord présentée avant de plonger aussitôt sur le film qu’elle a coréalisé. Trois bonnes années de recherche, de voyages, de montage, de déceptions et de sursauts sans bien évidemment oublier les découvertes à vous couper le souffle, furent nécessaires pour que le film voie le jour. Qui plus est, une contrainte majeure était imposée pour avoir la chance d’être accepté, aux festivals par exemple : « il ne fallait pas toucher à Senghor ».

Par là nous comprenons que son image était protégée. De quoi? Et pourquoi? D’aucun se pose encore la question. Mais Boubacar ajouta que d’aucun serait admirateur de Senghor, l’homme de lettre aux  doctorats 34 honoris causa, agrégé de grammaire à 29 ans, le premier Africain à l’avoir et avec un CV à faire rougir le plus noir des intellectuels africains, jusqu’aux jours où lorsqu’il ouvrait les bouquins, un autre visage du chantre de la négritude apparaissait et un pan entier du fils de Joal se dévoilait. Qu’est-ce-qui s’y cache?

La réalisatrice de poursuivre le récit de ses péripéties qui la menèrent en l’an 2000 à la sortie du film. Des archives tronquées aux moments où le projet semblait infaisable en passant par l’excédent de bagages qui a failli renvoyer le film au cimetière des mort-nés, les révélations de cette aventure ne sont que les prémisses du voyage destination Maitre Valdiodio Ndiaye.

En effet la vidéo de sa fameuse prise de parole ce fameux jour du 26 août de cette fameuse année 1958, à la veille du référendum du 28 septembre de la même année, reste introuvable voire coupée par un parfait hasard juste au moment où le ministre de l’intérieur du Sénégal et de la fédération du Mali d’alors s’apprêtait à se prononcer. Au passage Dia comme Senghor n’étaient pas présents ce jour-là. Il est important d’insister sur l’absence presque totale d’archives et la difficulté énorme d’y accéder lorsqu’il en subsiste. Boubacar SAGNA rebondit sur cela en rappelant que l’historien ne travaille qu’avec les outils dont il dispose : les archives. Par conséquent, si on lui prive des documents, l’histoire devient un handicapé.

Faute de temps seulement trois interventions eurent lieu. La première concernait l’expulsion de la famille de Valdiodio: femme et enfants. Amina Ndiaye Leclerc répondit que sa maman sut 4 jours après l’emprisonnement de son mari que sa famille composée d’elle-même et de ses 3 enfants allaient être expulsé du pays de la « teranga » malgré leur nationalité Sénégalaise.

Toujours en revenant au film, structuré autour du discours du 26 août 1958, il a vu les témoignages du Professeur Iba Der Thiam, d’Abdoul Kane. Ce dernier témoigne qu’à l’école Blanchot, l’enseignant apprenait aux élèves que les défauts du noir sont qu’il est menteur, paresseux, etc, avant de les envoyer au tableau. Si les élèves souhaitaient avoir une bonne note, un 16/20 par exemple, ils répétaient exactement les propos de l’enseignant. Voici quelques indications sur l’époque de l’enfance de Valdiodio Ndiaye. Sans vouloir occulter toutes les dimensions qui lui sont reconnues, s’il faut retenir un mot qui qualifierait le plus son idéal c’est bien dignité. Voici son plus grand legs aux générations d’aujourd’hui, qui à défaut de reprendre le flambeau de cet héritage, se doivent au moins de le connaître pour le reconnaître car ce patrimoine leur appartient malgré tout.

F.F.C

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Classé dans Culture et Société

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