Coltan, minerai de malheur

Pour ceux qui ne connaissent pas ce minerai, il s’agit de l’abréviation du colombo-tantalite, le minerai est brun ou gris-bleu et environ 75% à des réserves mondiales, à l’est de la  République démocratique du Congo. Il est très utilisé dans la fabrication des appareils téléphoniques, et autres objets électroniques à la mode aujourd’hui. Je veux vous partager dans cet article comment ce minerai a tout d‘abord causé la mort des millions de personnes gratuitement et ne profite en rien à l’économie du pays qui l’abrite.

En vérité, nous pouvons tous deviner que les multinationales ont toujours quelque chose à voir de près ou de loin dans les guerres qui ont lieu en Afrique, parce qu’à ma connaissance les armes ne sont pas montés ou mises au point en Afrique, les acheteurs sont aussi fautifs, pour certains moins ou plus que les vendeurs mais nous en parlerons une autre fois.

Pour revenir au sujet dont il est question comme je le disais, ce minerai a causé la mort de millions de personnes innocentes, de milliers de femmes ont été violées, de milliers d’enfants ont perdu leur vie entre les mains d’organisations non-gouvernementales. D’autres sont devenus soldats, et sont aujourd’hui convaincus que tout se gagne par la violence en tuant d’autres africains à cause de la cupidité des autres horizons et la complicité accompagnée du goût de la barbarie et de l’inhumanité de certains africains.

J’exagérai peut-être en citant encore Thomas Sankara, mais si je dois exagérer tout en partageant mon savoir, ça vaut la peine, il a dit : « Chaque fois qu’un pays africain achète une arme, c’est contre un africain, ce n’est pas contre un européen, ce n’est pas contre un asiatique, c’est contre un africain, par conséquent, nous devons également dans la lancée de la résolution de la question de la dette, trouver une solution au problème de l’armement […] Faisons en sorte que ce soit à partir d’Addis-Abeba que nous décidions, de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres, les gourdins et les coutelas que nous achetons sont inutiles ».

Nous sommes aujourd’hui tous victimes de l’inutilité des armes dont parlait Sankara dans son discours. Mais pour plus se pencher sur le fait, j’ai plusieurs questions qui me soufflent l’esprit, en commençant par celle qui apparaît chaque fois que je parle de cette guerre si sanglante connue du petit peuple : « Les occidentaux sont-ils obligés de créer la guerre pour exploiter le coltan ? ; mais aussi : « Est-ce le goût de voir les autres souffrir ou le souci de payer moins qu’il ne faut ?» ; « Dans la tête de ces gens, le marché a plus de valeur que la vie humaine, surtout quand elle est d’une race autre que la leur ?».

Cette guerre a fait près de 6 millions de morts, plus que l’holocauste, et étant donné que cette partie du pays était la plus peuplée et qu’on ne sait pas qui comptait, je parierai pour plus.

Mais tout est obscurci, personne n’en parle parce que très peu sont au courant, et il y a de ceux qui savent mais qui n’en parlent pas, mais aussi de ceux qui savent mais qui ont peur ou ne veulent pas en parler, ceux qui l’ignorent carrément tant qu’il n’y a ni tante, ni oncle, ni neveu qui vit dans cette contrée.

La barbarie dont fait preuve les hommes en tenue dans cette région est hors-humain, inimaginable. On y voit des scènes atroces, le genre de scène qui vous donne la chair de poule quel que soit la manière dont vous savez encaisser.

En résumé, des soldats rwandais, ougandais, burundais en complicité avec certains congolais, commettent des actes plus que barbares, le coltan, demeurant un minerai très recherché et répandue en plus grande partie dans cette région, les hommes sont prêts à tout pour s’en emparer, le plus grand problème qui se pose est, qu’elle ne profite en rien à l’économie et surtout comme je l’ai dit au départ cause la mort de plusieurs personnes innocentes.

Il y a des enfants qui deviennent orphelins du jour au lendemain, un jour il avait ses parents, puis brusquement le lendemain, des hommes en uniforme entrent dans sa maison frappent son père à mort, partent avec lui et sa sœur et d’autres violent sa mère, on fait de lui un enfant soldat et de sa sœur la partenaire sexuelle d’un des soldats, « préparé » moralement, l’enfant tire sur tout ce qui bouge se disant qu’il n’ a plus rien à perdre. Si je devrais énumérer tout ce qui passe là-bas, certains de mes passages risquent de ne pas être très beau à lire, et comme je ne connais pas tous mes lecteurs, je m’abstiens.

Des enfants de 10, 11, 12 ans vont dans les mines et extraient le minerai avec les mains sans compter tous les risques, l’effondrement ou le risque de se perdre et sont payés en monnaie de singe, dès que les minerais sont extraits, ils sont transportés dans les avions de l’ONU ou autres avions militaires pour l’étranger où il sera traité et utilisé puis vous donner les téléphones et autres outils électroniques que vous avez aujourd’hui. Ils sontvendu au moins 100 ou 1000 fois plus que le prix que la matière première a coûté.

Les richesses qui se trouvent dans notre sous-sol nous appartiennent et doivent nous profiter en premier lieu, ce n’est pas normal d’être un pays pauvre sur un sol riche.

Je vous parle du coltan, certes, mais il ne s’agit pas que du coltan dont il est question mais plutôt de tous ces minerais, culture ou fléaux qui causent jour après jour la mort de milliers d’hommes, femmes et enfants en Afrique, par la bénédiction des occidentaux, le silence et la complicité des Nations Unies et de la population ; il y a plusieurs exemples, le pétrole de la Lybie, le cacao de la Côte d’Ivoire, l’uranium du Niger, la famine à la corne de l’Afrique, etc.

Ce minerai, le coltan, est présent dans les téléphones, les I-pod etc. au prix de vies humaines. Rien n’est plus précieux que la vie d’un être humain, rien du tout, selon eux, surement, parce qu’il ne s’agit pas de leur peuple qui compte des femmes violées par leur propre armée, des enfants qui sont enrôlés pour assassiner et commettre du tort à leurs frères et sœurs.

Nous sommes silencieux pendant que les nôtres meurent pour que les autres horizons aient le minerai, nous nous sentons pas concernés parce qu’il ne s’agit pas de notre tante qui a été violée, ce n’est pas notre cousin ou frère qui perd sa vie dans les mines pour s’assurer d’avoir un morceau de pain à la fin de la journée, ce n’est pas notre neveu qui a été enrôlé dans l’armée au lieu de consacrer sa vie à ses études et pouvoir plus tard participer au développement de son pays comme tout enfant de la Terre.

Si tout le monde pouvait bien se mettre à la place de ceux qui souffrent de tout ce qu’il y a là-bas, connu comme inconnu, aurons-nous le même manque de clémence, le même manque de concertation, le même manque d’inquiétude, le même manque de souci, la même inaction, le même égoïsme dont nous faisons preuve présentement ?

FLORIAN MUANDA MOMBO

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Classé dans Actualités, Expressions Libres

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