72h de NVA Ed2 – Njàcc’Art partie 1 – Tableau, t’as beau te taire, tu parles trop

Le thème de la Seconde Edition des 72h à peine déterminé, nous prîmes contact avec Natacha SUPPRISSE, qui en fut informée et fut invitée à exposer une fois de plus ses créations (elle était déjà présente lors de la Première Edition des 72H de Njàccaar Visionnaire Africain). Natacha nous accueilla comme à l’accoutumée avec chaleur et sourire, et nous informa avoir écoulé ses dernières toiles. « Heureusement ! » nous fit-elle comprendre, car elle préférait de loin nous fournir de nouvelles œuvres pour cette occasion de la 2ème Edition des 72H de Njàccaar, peindre de nouveaux tableaux spécialement pour l’occasion d’autant plus que l’inspiration était déjà au rendez-vous. C’est ainsi qu’elle s’engagea à exposer à nouveaux pendant les 72h de Njàccaar après la 1ère édition. Ne pouvant assister aux 72h, elle a tenu à envoyer un message aux organisateurs afin que celui-ci soit lu aux participants. Nous vous le délivrons ici :

«Salut Cheikh, j’ai tout fait pour faire partir mon e-mail mais rien n’y fait donc je vais résumer mes idées par texto. Il y a des chiffres au dos des toiles. Il s’agit du classement dans l’ordre pour l’affichage des tableaux. Allez, l’idée c’est que les spectateurs observent les tableaux et donnent à l’oral leurs propres interprétations, avant que je ne leur donne ma vision des choses.»

Donc moi je mets en lumière plusieurs aspects. J’utilise des symboles stéréotypés qui me renvoient à l’histoire de l’Afrique, notamment les masques et les éléments discontinus renvoyant à l’époque des pharaons.

J’ai choisi de réinterpréter des masques. Certains regardent vers le passée (droite), d’autres vers le futur (gauche). Et un masque vers le présent qui est de face. Et puis il y a de petits réseaux de lignes blanches. Celles-ci représentent les circuits qu’on peut voir dans les puces électroniques par exemple.

L’idée c’est qu’on peut rassembler et unir toutes les connaissances technologiques ancestrales de ce continent. Il y a aussi une idée d’unité afin de permettre à l’Afrique de rayonner à nouveau. Nous savons par exemple que les égyptiens étaient des visionnaires dans le domaine des sciences. Ainsi je propose un développement des capacités scientifiques pour apporter  quelques éléments de réponse concernant un développement futur de ce beau continent.

Que ce soit dans le domaine de la biologie, de l’écologie etc. permettre à tous d’accéder à la connaissance. Le réseau de ligne blanche est très limité car cette idée d’utiliser les technologies et les sciences doit être raisonnable et limitée car utilisée à mauvais escient, elle est dévastatrice.

Voici en résumé ce que j’ai voulu traduire à travers ces images. »

Natacha Supprisse, texto envoyé le samedi 29 Octobre 2011 à 18h46 et à lire au public des 72h.

Selon les souhaits de l’auteur des toiles donc, les organisateurs disposèrent celles-ci dans l’ordre puis demandèrent au public présent d’en donner sa propre interprétation. Quelle ne fût la surprise générale en écoutant chacun exprimer sa vision ! Au final, en effet, en regroupant les idées des uns et des autres, le public avait tout bonnement et simplement saisi le message de Natacha ! Mais Les personnes présentes n’ayant pas encore eu connaissance de la vision propre de l’auteur des toiles, l’une d’elles, sentant sûrement l’adrénaline monter, demanda s’ils auraient la réponse de Natacha. Hilarité totale ! On lui répondit «Peut-être bien que oui, peut-être bien que non ». Et ce fut le suspens, que nous nous amusâmes à faire durer jusqu’au bout. Le public reporta de nouveau son attention vers les toiles, et les échanges reprirent de plus belle.

Puis vint le moment de leur lire le message de Natacha. Au fur et à mesure le message leur était lu, les chuchotements laissaient place à des applaudissements dirigés à l’endroit de telle ou telle autre personne ayant deviné telle ou telle composante du message de l’artiste. Et voilà que la personne applaudie, jouant le jeu de celui qui avait su percer les mystères de l’œuvre en question, et afin de faire rire, caricaturait son contentement en gonflant le thorax, s’enflant de fierté exagérée et de satisfaction non déguisée, « faisant sa star » lors de ce court moment où cela lui était permis. De cette furtive notoriété, profitaient également toutes les personnes assises à côté d’elle, qui saisissaient alors l’occasion qui leur était donnée en disant « c’est nous, c’est nous ! » par des mouvements de bras, de mains, d’yeux, de tête, tout aussi désordonnés, drôles, qu’explicites. Quels drôles et agréables moments ce fût-là !

A la fin de la lecture du message, acclamations et des sifflements animèrent la salle pendant un moment. Inutile de vous dire que la personne ainsi applaudie et saluée avec déférence, c’était Natacha, absente, certes, mais fort présente par le message qu’elle nous avait transmis là, et n’avait nullement besoin de nous convaincre à y croire. Il nous parlait, ce message c’était tout simplement aussi une vision de Njàccaar Visionnaire Africain.

Elle fut donc applaudie en tant qu’artiste, pour son talent et son très beau travail. Puis pour sa pédagogie, son humilité, sa générosité, et la façon ludique avec laquelle elle a partagé avec nous ses créations, sa vision.

Mais ces applaudissements, en plus d’être principalement adressés à l’artiste, étaient également destinés au public lui-même, pour avoir su capter l’essence même des œuvres, le sens de ces images, pour avoir décodé et compris le message de Natacha, qui fut tout à la fois opinion et réponse, espoir et solution. Message qui répondait tout simplement, dans sa globalité, aux questions « que faire ? », « comment ? » et « avec quoi ? ».

«L’exercice est très intéressant ! », « A renouveler !», « N’y aurait-il pas d’autres tableaux ? », «Malheureusement non.», «Ooooh ! (de dépit)», «Et si l’on veut en acquérir un, de ces tableaux ? ». Pouvions-nous entendre çà-et-là. Une fois la clameur des voix évanouie, emportant avec elle l’un des moments forts de ces journées, les esprits s’apaisèrent, se firent pensifs, rêveurs, la parole devint silence et introspection. Instants inoubliables, gravés pour un long moment dans l’imaginaire des visionnaires. Instants de pure poésie.

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