La vraie définition de la révolution africaine

        L’actualité africaine, ce sont les capitalistes dont les comptes bancaires ne gonflent que lorsque du sang africain coule, les impérialistes qui ne savent jouer aux justiciers que lorsqu’il y a un problème en Afrique, qui ne voient pas les leurs mais ont toujours des armes et hélicoptères disponibles pour « voler au secours » des africains, et aussi curieux que cela puisse paraître, ils nous « sauvent » en nous tuant, il est drôle à expliquer l’amour qui existe entre ces individus et nous, ces images d’enfants mal nourris, ces enfants qui n’ont pas accès à l’eau potable, ces femmes qui n’ont que leurs yeux pour pleurer, se tournant vers le ciel car demeurant leur seul espoir, tous ces politiciens qui ne se gênent jamais de profaner des discours injuriant à notre égard, se cachant derrière le prétexte qu’ils ne sont pas racistes. Trouvez-vous normal que cette image de l’Afrique soit partout dans le monde ?

Un chinois qui voit à la télé une femme qui enterre son enfant mal nourri, un français qui voit des femmes témoigner des viols qu’elles ont subi, le mexicain qui voit un président africain et ses enfants, s’acheter des villas en Europe et commander des avions pendant que son pays est dans la crise total, n’en avez-vous pas marre de cette image de l’Afrique?

Cet article portera sur ce qu’est vraiment la révolution africaine, c’est-à dire, un soulèvement, le vouloir d’un changement brusque, une prise de conscience et un NON à l’unissons à tout ce que nous vivons, la fin du règne des prédateurs qui nous ont assez pris pour leurs proies, et enfin sécher les larmes de nos frères, sœurs et mères qui pleurent jour et nuit.

Qu’est –ce que la révolution ? Plusieurs ont cet aspect négatif de la révolution, la révolution, c’est le bain de sang, c’est le pillage, si nous nous révoltons, il n’ y a que nous qui allons en souffrir. Mais réfléchissons un peu, posons-nous la question, qu’est-ce qui est mieux entre mourir en essayant de vivre et mourir en essayant de survivre ? L’africain ne vit pas mais survit, pas d’eau potable, pas de bonnes écoles pour assurer l’éducation de ses enfants, la pauvreté accentuée, la famine et meurt dans cette survie, est-ce mieux que celui qui meurt parce qu’il a voulu vivre ? Vouloir vivre,  c’est ça le début de la révolution, vouloir récupérer ce qui a été pris de force, changer les choses à son avantage, vouloir jouir pleinement de ses droits en tant qu’être humain sur cette Terre, réaliser que cette Terre n’appartient pas qu’à un groupe d’individus, qu’il n’est écrit nulle part que l’africain mérite de vivre ainsi éternellement. La révolution, c’est la prise de conscience, la compréhension du mal qui nous est fait, de l’image que les autres horizons nous ont donné, et vouloir faire quelque chose à ce sujet. La révolution, c’est aussi vouloir et croire pouvoir changer le cours des évènements, vouloir que la situation critique que notre Afrique traverse aujourd’hui ne soit qu’un mauvais souvenir, vouloir offrir aux générations une Afrique meilleure, une Afrique qui a connu des défaites et des états déplorables mais qui a eu la chance d’avoir des révolutionnaires qui se sont levés pour changer tout ça.

L’africain ne devient révolutionnaire que lorsqu’il comprend la tâche qui lui revient, quand il décide de changer son comportement au profit de son Afrique. La révolution n’a pas forcément un rapport avec la politique, nous continuerons à nous plaindre si nous attendons tout, des politiciens, c’est à nous de nous lever. Le changement brusque, c’est aussi l’autodiscipline, savoir se dire et prendre la ferme décision de ne plus faire ci ou ça, voir depuis combien de temps l’on a pratiqué cela et ce que ça a apporté l’Afrique, si rien du tout, et bien cela vaut la peine de laisser tomber (inutile de préciser, les concernés se reconnaîtront), à quoi sert d’élever une poule qui ne pond pas ? Se donner corps et âme à la distraction et aux futilités, pendant que les nôtres ont besoin de nous, il y a des africains qui, au pays ont de belles idées, d’apporter leur pierre à l’édifice, mais une fois qu’ils vont loin des leurs, soudainement quelque chose arrive à leurs cerveaux, ils oublient tout ce qu’ils pensaient et empruntent des chemins plus que décevant.

Pourquoi aujourd’hui il est dit que l’africain ne pense qu’à faire la fête, et s’amuser ? Pourquoi est-il dit que l’africain, même quand il gagne 500 euros, il voudra donner l’impression qu’il en gagne 5.000 ? Pourquoi est-il dit que les africains ne s’aiment pas et n’aiment leur continent ? ça me répugne de le dire, mais ces allégations ont leur place et sont basés sur des faits, et jusqu’aujourd’hui, en plein XXIème siècle, vous avez toujours un groupe de personnes qui accourront quand on parle de sujets banals et très peu viendront quand il s’agit de réfléchir ou quand il s’agit de porter son appui ou son apport à telle ou telle situation que traverse l’Afrique, combien ont marché quand les français et l’O.N.U tuaient nos frères ivoiriens ? Combien ont participé aux manifestations qui ont eu lieu après les propos de Guerlain ? Ce qui est révoltant, c’est que certains disent ne pas avoir le temps, mais ce sont les mêmes qui ont le temps d’aller à la nuit africaine remplir le stade de France ou aller au Zénith, voire même se déplacer pour un autre pays pour faire la fête ou aller à un concert, encore un exemple plus proche et plus compréhensible au lieu d’aller loin, nous avons plusieurs réseau sociaux, l’un des plus célèbres : FACEBOOK, il y a des groupes et pages consacrés à discuter et réfléchir, donner son avis sur ce que l’Afrique traverse, très peu y vont, mais quand il est question d’une vidéo d’un artiste musicien américain, tout le monde est présent.

La révolution, ce n’est pas imposer le changement à ceux qui nous dirigent ou prétendre le faire, c’est d’abord le changement personnel, de son comportement, de ses attitudes, de sa vision, de son intellect, comment vous allez faire la révolution quand vous ne savez même pas pourquoi vous voulez le changement, quand vous n’avez même pas la faculté intellectuelle nécessaire pour imposer ce changement, les vrais révolutionnaires ont tous des points communs, un but commun et précis, vous pouvez interroger un africain révolutionnaire qui vit en Espagne, et poser la même question à un autre révolutionnaire qui vit à Londres, vous trouverez des points communs dans leurs réponses, parce que les deux croient en la même chose : la fin de la famine en Afrique, la fin des guerres, les deux sont anti-impérialiste, anti-néocolonialistes, les deux ont mûri intellectuellement et ont compris les problèmes de l’Afrique et leurs rôles, cherchent, et certains ont d’ailleurs déjà trouvé, des solutions pour KEMETA, mais il ne reste qu’à concrétiser.

Certains se sentiront menacés quand on parle de révolution africaine, et c’est tout à fait normal, nous ne pouvons pas plaire à tout le monde. Il n’y a que l’ennemi de l’Afrique qui se sent menacé quand il entend parler de révolution, celui qui veut voir l’Afrique telle qu’elle se présente éternellement, l’ennemi sait exactement ce que veut dire révolution, c’est pour ça qu’il met tous les moyens en jeu, met des bâtons dans les roues pour que l’africain y pense le moindre du monde. Les hommes politiques africains devraient prendre la révolution africaine pour une aide, pour un signe de développement, certains pays sont en voie de développement parce que c’est un statut qu’on donne à la majorité des pays africains, mais en réalité la situation s’empire au jour le jour.

L’Afrique a besoin de notre aide, les autres horizons qui nous font les yeux doux n’en ont qu’après notre uranium, notre pétrole et notre cuivre; les enfants qui meurent de faim, de malnutrition, les enfants non scolarisés, le manque d’eau potable et d’électricité, ils s’en moquent, certains de nos dirigeants même s’en soucient le moins du monde et qu’en serait-il d’un homme qui vit à des milliers de kilomètres et qui n’a que pour intérêt en Afrique les matières premières pour faire fonctionner ses entreprises, afin qu’il puisse assurer les promesses qu’il a tenu à son peuple, tous nos fléaux sont loin d’être son problème, si nous attendons que ceux qui ont reçu le pouvoir par force ou par les urnes en fassent plus, nous allons attendre longtemps, mais alors très longtemps.

Que nous, jeunes africains pouvons changer notre Afrique et changer les choses, unissons-nous, nous ne pourrons pas nous mettre d’accord sur tous les points parce que nous sommes des êtres humains, mais pour l’amour du ciel, oublions tout et attachons à notre amour commun pour l’Afrique, pensons à nous changer personnellement, nous révolutionner envers tous ces caractères et comportements qui nous éloignent de l’Afrique, faisons une autocritique et essayons de voir ce qui nous nuit, ce qui nous empêche de faire toutes les grandes actions dont nous sommes capables, ce qui nous traverse l’esprit qui fait en sorte que nous négligeons la situation de nos frères et sœurs quand ils crient « au secours », guérissons de cette pathologie qu’il y a dans notre psychologie qui fait que nous ayons plus pitié des autres quand ils sont atteints que de nous-mêmes, et qui fait que nous trouvons plus intérêt à patauger dans l’amusement qu’à donner des idées et participer à la reconstruction de notre Afrique, brisons la muraille entre nous et le développement de notre continent, c’est ça la vraie définition de la révolution africaine !

FLORIAN MUANDA MOMBO

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Classé dans Economie et Politique

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