Qui voter en 2012? – Idrissa Seck

Carte d’identité

Nom : SECK
Prénom : IDRISSA
Date et Lieu de Naissance : 09 Août 1959 à Thies (SN)
Famille : Marié , trois Enfants
Etudes et Diplômes : Diplômé en Sciences Politiques de l’Institut des Etudes Politiques IEP de Paris (Promotion 1986)
Expérience Professionnelle : Auditeur à l’Université de Princeton

Parti(s) Politique(s) :

Parti Démocratique Sénégalais (PDS) – (Militant depuis 1974)

Mandats Politiques : Ministre du Commerce (Mars 1995 à Mars 1998)

Ministre d’Etat, Directeur de Cabinet du Président de la République (2000 à 2002)

Premier Ministre (Novembre 2002 à Avril 2004)

Maire de Thies (Depuis 2001)

Candidatures Présidentielles : 2007

Second en 2007, Candidat déclaré pour 2012

 

Son Parcours Politique

 

Les Débuts :

Des la création du Parti Démocratique Sénégalais (PDS) en 1974, le jeune Idrissa Seck, alors âgé de 15 ans, devient militant aux côtés d’Abdoulaye Wade.  Le jeune Seck gravit rapidement les échelons et devient le directeur de campagne du candidat Abdoulaye Wade lors des élections présidentielles de Février 1988. Il sera d’ailleurs emprisonné à la maison d’arrêt de Reubeus au lendemain de ces élections émaillées de violences. Alors que plusieurs poids lourds du PDS (Ngom, Dias, Serigne Diop) quittent le parti dans les années 90, Seck en devient le seul vrai numéro deux derrière l’inusable Wade. A la faveur d’un accord consacrant l’entrée du PDS dans un gouvernement élargi, « Idy » -comme l’appellent ses compatriotes- devient Ministre du Commerce et de l’Industrialisation en Mars 1995. Il quittera son poste en Mars 1998, préparant le terrain pour une nouvelle candidature d’Abdoulaye Wade en vue des Présidentielles de 2000.

L’Homme de l’ombre (1999-2002) :

 Alors que l’opposant Wade décide de s’offrir une préretraite en France après de 25 ans d’opposition, Idrissa Seck  le convainc de (re)venir livrer un dernier combat politique. En effet, encouragé par les nombreuses fissures de l’édifice socialiste (Défections de Niasse et Kâ notamment) Idy est persuadé que l’heure du PDS et de son leader Wade est arrivée. Endossant le rôle dedirecteur de campagne pour son « père » comme il aime à appeler Wade , Seck initie avec son mentor les fameuses marches bleues lors de la campagne de 2000. Avec l’élection de Wade au 2nd tour face au sortant Diouf, de nombreux observateurs s’attendaient à une entrée remarquée d’Idrissa Seck dans le premier gouvernement de l’alternance. Cependant, désireux de couver son bras droit, le Président Wade le garde à ses côtés en le nommant au poste peu médiatisé de directeur de cabinet. Cantonné au Palais Présidentiel mais bénéficiant également d’un portefeuille de ministre d’Etat (ce qui confère à son titulaire la capacité de traiter directement avec le Président de la République), Idrissa Seck n’en est pas moins un des poids lourds du régime. Ilfavorise l’ascension de jeunes cadres du PDS comme Macky Sall ou Awa Gueye Kébé et voit se succéder deux premiers ministres en à peine deux ans d’alternance, à savoir Moustapha Niasse dont les voix avaient été décisives dans la victoire de Wade en 2000 et Mame Madior Boye, la première femme à occuper le poste de Premier Ministre au Sénégal.

De Premier Ministre à Premier Ennemi (2002-2007) :

 Alors que Wade fait le vide autour de lui en écartant ses alliés de 2000, Seck devient tout naturellement le candidat désigné à la primature. Sa nomination à ce poste a lieu en Novembre 2002. En succedant à Mame Madior Boye, le Premier Ministre Seck se positionne clairement en numéro deux de l’Etat et en potentiel successeur de Wade. Alors que ses ambitions politiques grandissent au fur à mesure qu’il s’installe dans son rôle, Seck est débarqué de son poste de premier ministre par Wade en Avril 2004, soit un an et demi après son arrivée à la Primature.Fier de son bilan notamment en ce qui concerne les grabs de convergence et les infrastructures, Idrissa Seck se retire dans sa ville de Thies (il en est le maire) dont il avait piloté la rénovation en vue des festivités de l’Indépendance. Ces travaux publics seront à l’origine de samise en accusation par l’Etat en Juillet 2005. Idrissa Seck est alors officiellement poursuivi pour « Atteinte à la sûreté de l’Etat » puis pour corruption et malversations financières dans l’affaire des « Chantiers de Thies » et la gestion des fonds politiques. Interrogé par la Division des Investigations Criminelles (DIC) sur l’origine de sa fortune, Idrissa Seck connu pour son sens de la répartie répondra « Je n’ai aucune obligation de faire le moindre commentaire sur ce que je possède. Je ferai une déclaration sur mon patrimoine le jour où je serai candidat à la présidence de la République. »  Plongé dans la tourmente, Seck est exclu du PDS en Août 2005 et passera un peu plus de  6 mois en prison, toujours à la maison d’arrêt de Reubeus.  En Janvier puis en Février 2006, Idrissa Seck bénéficie tour à tour d’un non-lieu pour le délit d’atteinte à la sureté de l’Etat puis d’un autre pour la gestion des fonds secrets. Libéré dans la foulée de ces décisions, Idrissa Seck annonce , le 4 avril 2006, sa candidature pour la Présidentielle de 2007. « Idy » crée ensuite son propre parti « Rewmi » (« le Pays » en Wolof)  en Septembre 2006. Il se lance dans la course à la Présidentielle tout en annonçant que son compagnonnage avec Wade est désormais derrière lui. Idrissa Seck arrive second de l’élection présidentielle, remportée haut la main par le sortant Wade (55% au 1er tour). Plusieurs analystes politiques estiment cependant qu’Idrissa Seck, qui se dit convaincu d’être le « 4eme Président de la République du Sénégal », a laissé passer sa chance avec cette élection, notamment à cause de ses retrouvailles à la veille des élections avec le Président Wade. En effet, Wade accorde trois audiences à Seck en fin Janvier 2007, moins d’un mois avant le 1er tour de la Présidentielle. Au sortir d’une de ces audiences, Abdoulaye Wade annonce qu’ « Idrissa Seck a accepté de réintégrer le Parti Démocratique Sénégalais ». Seck confirmera cette information le 1er Février 2007 tout en annonçant son intention de maintenir sa candidature pour la Présidentielle.

Retrouvailles, tensions et ambitions présidentielles (2007-2011) :

 Le jeu des tensions/retrouvailles ne s’arrête pas puisque le Président Wade, fort de sa réélection, annonce en Mars 2012 la réouverture des dossiers de corruption contre quelques leaders de l’opposition, en tête desquels se trouve Seck. Cela n’empêchera pas Idrissa Seck de féliciter le candidat victorieux Wade, dans une posture jugée à mi-chemin entre celle d’homme d’Etat et celle d’homme politique sous pression notamment à cause des poursuites judiciaires dont il est l’objet. D’abord accusé par Wade d’avoir détourné 40 Milliards de FCFA (un peu plus de 60 millions d’euros), Seck se réconcilie avec son mentor en Janvier 2009, malgré la forte opposition de plusieurs membres du PDS et la Génération du Concret, mouvement formé autour de Karim Wade. A l’occasion de ces retrouvailles Idrissa Seck déclare qu’« En période de guerre, il est plus digne de s’allier à son père et de périr que de s’allier avec l’ennemi pour tuer son père ». Il dira également« Tout ce qui m’opposait au président est derrière nous ».  Apres une nouvelle victoire aux municipales de Thies en Mars 2009, Seck est totalement blanchi par la justice sénégalaise en mai 2009 à la faveur d’un « non lieu total » dixit ses avocats. Il dissout ensuite son parti Rewmi et réintègre officiellement le PDS, ce qui provoquera quelques levés de boucliers au sein de ses partisans rewmistes. Un temps pressenti pour redevenir premier ministre, voire vice-président (un poste créé constitutionnellement sous l’impulsion du Président Wade), Idrissa Seck se contente d’être un membre du comité directeur du PDS, l’instance regroupant tous les poids lourds du Parti au pouvoir. N’ayant pas délaissé son ambition de devenir le prochain Président de la République , Idrissa Seck change de stratégie par rapport à 2007 et tente de se présenter en tant que candidat du PDS« sa famille naturelle » comme il aime à le rappeler. Barré par Wade qui a annoncé sa candidature des 2009, mais aussi par de nombreux cadres du PDS qui ne souhaitent pas son retour aux affaires, Seck se radicalise et engage un débat interne sur la recevabilité de la candidature du « Pape du Sopi » c’est-à-dire d’Abdoulaye Wade. Apres plusieurs mois de joutes verbales par presse interposée, Seck et ses adversaires au sein du PDS finissent par solder leurs comptes lors d’un comité directeur où l’exclusion définitive d’Idrissa Seck est votée. Confirmée enAvril 2011, l’exclusion d’Idrissa Seck du parti au Pouvoir l’a poussé à annoncer sa candidature pour l’élection présidentielle de 2012. Si la candidature d’Abdoulaye Wade est validée par le Conseil Constitutionnel, Idrissa Seck fera donc à nouveau face à son « père » lors d’une élection présidentielle.

Idrissa Seck et 2012

 

Points Forts : Une figure connue des Sénégalais, une grande expérience politique malgré sa relative jeunesse (53 ans), un bastion électoral d’envergure (la ville de Thies), une bonne image à l’international, un bon communicant, une frange du PDS lui est encore acquise. 

 

Points Faibles : Ses multiples allers-retours auprès du Président Wade, la suspicion populaire sur ses moyens de campagne et l’argent des fonds politiques, la grogne de ses administrés thiessois, son non-positionnement dans un des deux grands blocs (Benno Siggil Sénégal (Opposition) et PDS/AST (Pouvoir), son statut d’ancien du PDS à l’heure où est en perte de vitesse.

Affinités Politiques et Alliances probables : Idrissa Seck est un libéral : il l’a toujours dit et répété. Même du temps de son grand froid avec Wade, il n’était pas réellement l’allié des opposants phares que sont le PS, l’AFP, le FSD/BJ. Sa tentative avortée de retour au PDS montre bien qu’Idrissa Seck se méfie de l’opposition comme celle-ci se méfie de lui. Il pourrait cependant retrouver dans celle-ci, son ancien camarade de parti Macky Sall, lui aussi ancien premier ministre PDS déchu. D’autres personnages comme Cheikh Tidiane Gadio (Ministre des Affaires Etrangères de 2000 à 2009) et Aminata Tall (Ancienne responsable nationale des femmes du PDS et Secrétaire générale de la Présidence) pourraient venir gonfler cette alliance. Plus récemment le nom d’Ibrahima Fall, ancien Ministre socialiste et haut fonctionnaire des Nations-Unies, lui aussi candidat en 2012, a été évoqué en vue d’une probable alliance avec Seck. Enfin, l’hypothèse d’un nouveau retour au PDS n’est pas à exclure, notamment si la candidature de Wade est invalide, comme Seck l’affirme.

Comportement entre les deux tours :

Le comportement de Seck entre les deux tours est très difficile à prévoir. D’abord parce que selon les configurations, il pourrait ou non arriver au second tour. En étant candidat du PDS (ce qui implique un désistement de Wade ou l’invalidation de sa candidature), il est possible qu’Idrissa Seck arrivera au second tour. Cependant ses chances d’accéder au second tour diminueraient probablement s’il faisait à nouveau cavalier seul comme en 2007 et cela le cantonnerait à un rôle d’outsider. Dans le cas où Wade arriverait au second tour, il pourrait bénéficier du soutien d’Idrissa Seck. Macky Sall pourrait soutenir ou être soutenu par Idrissa Seck, selon lequel d’entre eux arriverait au second tour.

 

L’avis de la CEP sur Idrissa Seck

 

Les avis ci-dessous sont ceux des membres de la Cellule Economique et Politique (CEP) de Njàccaar VisionnaireAfricain. Ces avis reflètent la pensée de leurs auteurs et non celle de Njàccaar qui se contente du travail de recensement et de diffusion des informations, comme c’est le cas dans les pages précédentes.

 

Fary Ndao : Malgré les gros doutes, pour ne pas dire les certitudes, qui reposent sur l’origine de son argent, je dois quand même avouer être assez séduit par Idrissa Seck. J’aime son positionnement clair par rapport à Karim Wade qu’il appelle volontiers « Monsieur 15% ». J’apprécie également son assurance, le fait qu’il assume ouvertement son ambition présidentielle : cela laisse penser qu’il sait ce qu’il veut pour le pays. Il me semble également avoir une certaine idée du mérite, en tout cas le non-pds que je suis constate que ce n’est pas sous lui que nous avons eu le plus mauvais PDS et encore une fois lui au moins n’a pas fermé les yeux face à l’ascension supersonique du superministre Karim.  Mais le personnage reste très flou, car malgré son non-lieu total, le fait qu’il ait « trempé » dans des affaires politiques sur fonds de différends financiers me rend un peu sceptique par rapport à l’attention qu’il porte aux deniers publics. Je verrai donc Idrissa Seck comme un pari, tres risqué certes car c’est un potentiel « Wade-bis », mais cela reste un pari qui peut bénéficier au pays. Il n’est donc pas exclu que je vote pour lui, vu le plateau sans cesse réchauffé que nous offre l’opposition (Niasse, Tanor). Intrinsèquement, je dirais qu’Idrissa Seck vaut entre 10 et 15 %. Apres, s’il est candidat du PDS, là ça devient une autre histoire…

Cheikh Dieylar Diallo : Dire qu’Idrissa Seck n’est pas « présidentiable » serait risqué, fallacieux, et dénoterait un manque de sérieux de ma part. Toutefois je vais préférer les termes « sérieux prétendant » au statut de 4ème président de la République du Sénégal.

Il est bien assis à Thiès, très bien connu sur le plan national à cause des positions occupées dans son ancien parti et dans le gouvernement entre 2000 et 2004. Sur la scène internationale, je ne sais pas vraiment car je ne sais pas qui il faut connaître ou ne pas connaître mais j’ai ouïe dire une certaine popularité du maire de Thiès par ci et par là en France. J’ai même entendu personnellement un concitoyen le défendre bec et ongle à Toulouse. A cela s’ajoute sa deuxième position aux dernières présidentielles ainsi que les probables ralliements de certains militants libéraux à sa cause d’autant que la candidature d’Abdoulaye Wade, secrétaire général du PDS/AST peut être invalidée par le Conseil Constitutionnel.

Bien entendu Idrissa Seck n’a pas que des points forts, loin de là,  il est question d’estimer ses chances de gagner aux prochaines élections. Donc si la candidature d’Abdoulaye Wade est retenue, je donne à Idrissa Seck 15%.

Par contre s’il est le candidat du PDS, comme Fary je pense que c’est une tout autre histoire et actuellement il serait assez difficile d’estimer son score étant donné que rien ne nous autorise à croire qu’il fera l’unanimité et sera aussi soutenu que son prédécesseur. Mais bon j’imagine qu’après les règlements de comptes internes, il pourrait atteindre le score de 30 % au premier tour et que le second tour serait le plus serré de l’histoire politique du pays de la Téranga. Face à un socialiste, comme Niasse par exemple, qui le soutiendrait ? Macky Sall, Cheikh Tidiane Gadio, Aminata Tall sûrement, et encore ! Peut être certains partis de l’AST comme AJ avec Diop Decroix. Dans ce cas le bras de fer serait très serré mais je donne Niasse gagnant en raison du bilan social de son « père » spirituel d’une part et des soutiens qu’aurait Moustapha Niasse d’autre part.

En un mot Idrissa a un avenir politique certain au Sénégal. Sera-t-il un jour président ? Peut-être en 2019.

Sources

WEB

http://www.wikipedia.org

http://www.jeuneafrique.com

http://www.rewmi.com

http://www.seneweb.com 

 

PRESSE

Agence de Presse Africaine

Le Populaire

l’Observateur

BIBLIOGRAPHIE

Présidents et ministres de la République du Sénégal, Dakar, 2006 – B.Ndiaye et W.Faye

Mémoire de DEA sur Idrissa Seck

 

Tous droits réservés.  Ce dossier ainsi que l’ensemble des dossiers de la série « Qui voter en 2012 » sont l’exclusive propriété de l’Association Njaccaar VisionnaireAfricain. La reproduction et la diffusion sont permises à condition d’en citer expressément la source. La Cellule Economique et Politique de Njàccaar VisionnaireAfricain vous remercie. A bientôt pour un nouveau dossier « Qui voter en 2012 ? ».

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1 commentaire

Classé dans Economie et Politique

Une réponse à “Qui voter en 2012? – Idrissa Seck

  1. COLY IBRAHIMA

    COMME SON SOIT DISANT PERE JE DEMANDE A IDY QUE SON HEURE DE GLOIRE EST TRES PROCHE ET QUE TTE FIN DE SOUFFRANCE EST SYNONIME DE BOHEURE DU COURAGE TU NS SAUVERAS UN JOUR S IL PLAIT AU BON DIEU

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