Hommage au Professeur Niang un chercheur qui a mis en œuvre un théorème important en mathématiques appliquées à la mécanique.

L’Afrique en général et le Sénégal en particulier a perdu un homme, un grand homme, un grand homme de science. L’éminent professeur Souleymane Niang, spécialiste de la science du calcul, cette science exacte et abstraite, cette science aux multiples signes mélangés dans un magma de chiffres et de lettres : le mathématicien, s’est éteint le lundi 30 Août 2010 à Toulouse. Il a justement rejoint le monde abstrait à l’âge de 81 ans. Tous les témoignages de la communauté scientifique ont convergé uniformément vers un même champ lexical: brillant, bon, humble, courtois…

« Il avait une large culture mathématique. Il est l’auteur de beaucoup d’ouvrages sur la Géométrie, la Mécanique, l’Algèbre. Il enseignait tout ça à la fois. Il était une véritable encyclopédie ». Dixit Pr Sangharé (ex chef du département Math-Info de l’Ucad)

Un ‘’monstre’’ en mathématiques.

Le professeur Niang fut l’un des premiers mathématiciens d’Afrique. Il était plus spécialisé dans la branche la plus ardue, la plus redoutable et la plus redoutée de cette discipline: la mécanique. Les résultats de ses recherches ont fait l’objet de publication dans les plus grandes revues scientifiques mondiales et ont permis à sa frêle silhouette de parcourir presque toute la planète. Ses ouvrages sont présents dans les bibliothèques de beaucoup d’universités africaines et européennes. A l’instar de plusieurs savants dans l’histoire des maths, de Pythagore à Serre en passant par Thalès, Gauss, Fourier, Riemann… il a, lui aussi, élaboré et démontré un théorème qui porte son nom: le théorème Niang. Pas étonnant quand on sait qu’il a été l’étudiant de l’académicien Lichnorowish, le père de la mécanique différentielle française. Il a reçu plusieurs prix et distinctions dont le Chevalier de l’ordre national du Lion et le Chevalier de l’ordre national du mérite au Sénégal, la Palme Académique française…

Parcours remarquable

Après de brillantes études à Toulouse, il a rejoint l’université de Dakar dans les années 60 pour gravir les échelons en un temps record: d’abord assistant en mécanique, puis maître de conférence, professeur sans chair et enfin professeur titulaire de chair.

Il n’a pas tardé à occuper le poste de Doyen de la faculté des sciences et techniques puis celui de recteur. Il devient ainsi le 2ème recteur noir de l’université de Dakar en 1986.

Membre fondateur de l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal, il a présidé pendant longtemps à la destinée de cette institution. Il a également été à la base de la création de beaucoup d’autres institutions comme l’Institut de recherche pour l’enseignement des mathématiques de la physique et de la technologie (Irempt), l’Union mathématique africaine (Uma)… C’est dire que l’homme était aussi un grand panafricaniste. Il a d’ailleurs formé plusieurs générations de mathématiciens africains.

Adieu ! Grand mathématicien. Que Dieu vous accorde le pardon. Votre disparition est une grosse perte pour le pays. Mais grâce à la puissance de votre pensée, vous avez su entrer dans l’histoire. L’Afrique toute entière retiendra votre nom aussi longtemps que la Terre continuera à décrire sa trajectoire elliptique autour du Soleil.

Par Sidy Ahmad Gueye

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Classé dans Culture et Société

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