Editorial du mois de Juillet

Tout peuple a intérêt à connaître sa Charte Fondamentale, qu’elle s’appelle Constitution ou autre. En effet, c’est avant tout pour savoir ses devoirs et ses droits, s’acquitter des premiers et s’arroger des seconds.

« Aujourd’hui, avec 2 amis, je m’apprêtais à traduire en wolof  la constitution de mon pays afin de la vulgariser par le biais d’un montage vidéo d’une part et d’un enregistrement audio du texte d’autre part. Nous voulions rendre la Charte Fondamentale du pays à son véritable propriétaire : le peuple. C’était avant de me rendre très vite compte que cela avait déjà été fait en 1963 par un linguiste du nom de Arame Fall et  par un magistrat répondant au nom de Ahmet Diouf », soutient un citoyen Sénégalais le samedi 16 juillet 2011 à Montpellier à travers les colonnes du Courrier du Visionnaire Afric1.

En réalité, en mars 2010,  les 2 auteurs ont récidivé en traduisant la constitution adoptée en 2001 par référendum  par les sénégalais. C’est le journal Walfadjri qui en a fait écho le 25 novembre 2010, 7 mois seulement après la parution de l’ouvrage de 126 pages édité par l’Osad, Organisation Sénégalaise d’Appui au Développement.

Si 7 mois vous paraissent longs, prenez votre mal en patience. Le site gouvernemental  www.demarches.gouv.sn non seulement ne prend pas la peine de s’informer à la source, mais a l’outrecuidance de ne pomper l’article du journaliste de Walfadjri que 7 jours plus tard, le 01er décembre 2010.

Et si cela n’était toujours pas assez grave. Le moteur de recherche le plus puissant au monde n’a pu trouver que la version française de la constitution. Aucune trace de sa rivale wolof. A quoi bon alors la traduire si elle demeure introuvable. Pire, le ministre de l’Enseignement préscolaire, de l’Elémentaire, du Moyen secondaire et des Langues nationales, M Khalidou Diallo « est convaincu que la volonté politique seule ne suffit pas mais il faut y mettre ‘les moyens nécessaires.’ Il conseille aussi de faire des campagnes de sensibilisation pour encourager l’alphabétisation des masses » écrit Yacine Cissé.

Si l’impasse peut être fait sur la suffisance ou pas de la volonté politique, et encore, cependant comment faire fi de son conseil? Comment est-il possible de faire des campagnes de sensibilisation sans supports de sensibilisation ? Comment ?  Plus d’un an après sa parution, la constitution en wolof n’est toujours pas téléchargeable dans un site du gouvernement. A qui la faute ? Quelle portée peut être donnée à l’indisponibilité de ce document appelé la Charte Fondamentale.

Parlons d’ailleurs un peu de cette charte. Elle stipule dans l’Article premier que : « La langue officielle de la République du Sénégal est le Français. Les langues nationales sont le Diola, le Malinké, le Pular, le Sérère, le Soninké, le Wolof et toute autre langue nationale qui sera codifiée ». Or, la majorité (pourcentage encore inconnu et obscur) des citoyens ne parlent pas le Français et lorsqu’ils le parlent, n’en saisissent pas forcément les nuances et le jargon juridique.

Donc, combien de Sénégalais ont lu la constitution ? Parmi ceux qui l’ont lu, combien l’ont comprise ? Et parmi ceux-là, combien ont pensé à leurs concitoyens qui ne sont pas coupables et pourtant qui paient leur ignorance d’une langue étrangère?

Et quand enfin une constitution en wolof voit le jour, à peine la presse s’en empare. Les élus peinent à comprendre leur obligation, la nécessité et l’urgence de l’action, celle de mettre ce document à la disposition des citoyens, au minimum ! Ceux-ci dès lors subissent avec une peine quotidienne l’infernal triptyque de la désinformation, de la « mal-information » et de la sous-information. L’obscurité du rapport à l’information a de beaux jours au Sénégal !

Faram Fa Che

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