Je suis engagée, Je dois l’être !

Je ne fais pas partie de cette génération qui a vécu l’esclavage, ni de celle qui a vécu la colonisation. Je suis de cette nouvelle génération qui en subit les conséquences désastreuses, qui voit encore défiler le film des relations internationales où l’Afrique est perçue comme un gâteau, et chaque pays du monde a sa part à manger. L’on voit même naitre de nouveaux pilleurs de richesses comme la Chine, le Japon, le Brésil ou l’INDE, qui le font au nom de la mondialisation des échanges. Je suis de ces jeunes africains qui, aujourd’hui en 2010, sont incapables de mettre un terme immédiat à cette mascarade internationale, mais qui ne se sentent pas impuissants.

Je suis frustrée parce que je vis sur cette terre fertile, riche, convoitée par tous les pays du monde, où ils trouvent la source de leur bien être, alors qu’autour de moi, ne sévissent que guerres, épidémies, chômage, famine… Je suis frustrée, révoltée, car je ne conçois pas, je n’accepte pas le fait que l’Afrique, la terre la plus riche du monde, ne puisse pas assurer le minimum de bien être à sa population.

L’Occident a une part de responsabilité sur le désastre africain. Désastre, car l’Afrique est en proie à un chaos indescriptible. Les occidentaux n’ont laissé aucun répit à l’Afrique depuis la traite négrière. Aujourd’hui, ils ont mis en place une société d’hyperconsommation qui dépend entièrement du sous-sol africain. Mais comment peut-on s’adonner à la consommation des ressources de la terre  de manière infinie alors qu’elles ne sont point infinies, alors qu’elles peuvent être épuisées d’un moment à l’autre ? Il n’est simplement pas concevable que l’Afrique soit surexploitée, puis marginalisée.

Je n’accepte pas non plus le jeu que ces occidentaux trament par le biais des organismes internationaux, jeu qui remplace aujourd’hui la Françafrique autrefois moins discrète.

L’échange est loin d’être équitable. Une surexploitation étalée sur dix ans, d’un sous-sol ou d’une zone de pêche, n’est en rien comparable à la construction d’écoles, de cases de santé dans quelques villages ou à des « réductions » de dettes étatiques.

Quels que soient les termes du contrat, les pays africains sont perdants et condamnés à être les éternels destinataires de la pitié et la compassion des autres.

Malcolm X disait, “In spreading a gospel such as black nationalism, it is not designed to make the black man re-evealuate the white-man, but to make the black man re-evaluate himself”/   »    »

Nous pouvons « contextualiser »  cette affirmation. Nous ne pouvons pas, non, nous ne devons plus faire appel à la conscience morale des pilleurs de nos terres. Ils n’en ont pas ! S’ils en avaient, ils auraient mis en place des principes plus ou moins équitables au lieu d’encourager l’instabilité politique dans les régions africaines, en fonction de leurs intérêts.

Nous ne pouvons pas rejeter sur les occidentaux l’entière responsabilité du décrochage de l’Afrique par rapport au reste du monde. Malheureusement, les nouvelles les plus récentes qui nous viennent de l’Afrique confirment chaque jour le diagnostic pessimiste émis par René Dumont en 1962 dans « l’Afrique noire est mal partie ». L’Afrique faisait bien fausse route en singeant ses anciens colonisateurs.

La seule industrie que nous avons su mettre en place, c’est une Administration qui  joue le rôle d’un aspirateur de biens du contribuable, et qui reste aujourd’hui la principale cause de notre dèche.

Le fonctionnement des Gouvernements africains basé sur un système malsain, désorganisé, et qui prône l’informel, me répugne. Je suis désappointée par la forte tendance des mes frères et sœurs à croiser leurs bras et à se réfugier derrière des idéologies telles que ‘’Barça (Barcelone) ou Barsakh (Péril)’’, à l’heure où la nécessité de bâtir une structure économique et sociale dynamique nous oppresse.

 

Revenons à Malcolm x ! Il l’a dit : « C’est à nous, noirs, d’évaluer notre situation ». C’est en sens que je définis mon engagement et comme je disais au début je ne me sens pas impuissante. J’essaie et j’essayerai au mieux, et avec mes moyens, de faire passer ce message à mes confrères : « Il faut que nous étudions et que nous entreprenions ! Fini le temps des complexes qui nous poussaient à penser que « le blanc nous est supérieur, raison pour laquelle il réussit là où nous échouons »  ! Débloquons les capacités des africains, exploitons-les, et drapons-nous de notre forte richesse culturelle ! » « L’endogènéisation » des sciences et technologies est indispensable pour une Afrique émergente et ambitieuse. Et ça, il faut le montrer aux jeunes qui se trouvent aujourd’hui sur les bancs de l’école « colono-africaine » ! L’AFRIQUE doit être au rendez-vous des enjeux stratégiques mondiaux du moment et des jours à venir ! Parmi elles, l’énergie, la défense stratégique et la mondialisation figurent au premier plan, alors que nous péchons à ces niveaux !

Jeune africaine, je suis responsable de l’Afrique de demain et je dois commencer à baliser mon champ de construction dès aujourd’hui. C’est un devoir pour tous les jeunes africains, de se soucier de l’état de leur continent et d’agir avec les moyens du bord. Quelle que soit l’envergure de l’action, dès qu’elle répond à une démarche entreprenante, elle est importante. Mon engagement est tout simplement une manière de penser, d’agir et d’être. Il n’a rien d’un militantisme ou d’une adhésion à une quelconque idéologie traditionnelle.

Mon objectif, à travers mes écrits, n’est pas d’étaler les différents problèmes qui rythment la vie des africains, mais de les analyser et d’essayer de trouver des solutions à long terme pour les résoudre !

AGEDE

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Classé dans Culture et Société

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