Nous n’avons que faire de votre pitié et de votre compassion !

J’aurais souhaité pouvoir leur jeter à la figure ces propos assez virulents qui déterminent mon opinion sur l’aide au développement. Seulement, mes frères sérères du village de Louly Benteigné m’en voudront. Et, je me rends compte que cette aide, bien que très mal organisée, très mal distribuée, profite à quelques villageois puisque de l’autre côté, l’Administration locale est incapable de subvenir aux besoins primaires des populations. Cependant, je ne pourrais pas ne pas dénoncer cette escroquerie organisée par les occidentaux pour se donner bonne conscience.

L’aide internationale est sans doute l’une des idées les plus ingénieuses des occidentaux durant ces 30 dernières années. Nous avons tous remarqué la montée en puissance des multiples organisations humanitaires en tous genres (PNUD, BM, FED, ISF, …). L’aide internationale aux pays en voie de développement a atteint plus de 120 milliards de dollars en 2008. Pourtant, l’Afrique ne cesse de régresser sur tous les plans. La France a injecté, à elle seule, plus de 8milliards d’euros qui constituent la part de l’aide publique au développement, soit 2.5% de leur budget annuel.

Cette assistance aux pays en voie de développement tels que le Sénégal, l’un des

pays les plus friands, n’est qu’un instrument de politique étrangère permettant de conserver une influence sur l’administration des pays africains. Je ne saurais considérer cette aide comme un geste désintéressé puisqu’elle induit des conséquences désastreuses dont les initiateurs ne se soucient guère. D’ailleurs si elle était indifférente, elle ne serait pas distribuée en fonction des intérêts commerciaux. Les pays les plus aidés sont certes parmi les plus pauvres, mais ce sont surtout ceux qui exportent les matières premières les plus commercialement intéressants. Et avouons-le, ce système d’aide aux pays en voie de  développement, même les occidentaux s’y perdent. Les acteurs auprès des populations sont convaincus de la bonne action qu’ils mènent. Par contre, ils ne sont pas conscients des conséquences de leur geste.

L’aide internationale maintient les pays en voie de développement en état de faiblesse. Elle ne contribue aucunement au développement de nos pays, sinon qu’elle alimente inopinément les circuits de corruption et le mode de vie princier d’une minorité africaine. En 2002, l’UA avait fait état de 150 milliards de dollars détournés pour nourrir les réseaux de corruption. On n’apprend à aucun africain que la corruption est le vice qui le cloue depuis 50 ans au banc de touche.

Cette aide se révèle être une drogue paralysante. La politique sur laquelle elle repose serait d’encourager à demander plus et d’ailleurs, lorsque l’aide n’arrive pas, ce sont nos dirigeants qui décrochent leur téléphone et appellent à l’aide. Ils réduisent ainsi notre petite capacité production et ne promeuvent guère l’initiative que pouvaient prendre les africains. Danibisa Moyo, économiste zambienne aux Etats-Unis, auteur du New York Times Best Sellers “Dead Aid : Why Aid is not Working and How There is a Better Way for Africa “ a pris l’exemple d’un fabricant africain de moustiquaires qui emploie 10 personnes, qui font vivre leurs familles en produisant 500 moustiquaires par semaine. L’Organisation humanitaire qui viendrait offrir 100.000 moustiquaires aux habitants de la région mettrait en sellette toutes les familles des ouvriers. Et si les moustiquaires venaient à s’user, il n’y aura plus de producteur et il faudra demander de l’aide encore. De même, en insérant l’aide sur le plan de consommation alimentaire, ils freinent la capacité de production des exploitants agricoles.

L’aide est négociée, et en contrepartie, les Etats africains ont des devoirs. Dans tous les cas, les termes du contrat ne sont pas équitables. Il est facile de jauger la différence entre dix années d’exploitation de ressources minières et un projet de développement dans les zones exploitées ou un rééchelonnement de dettes. Il est évident que les initiateurs de l’aide sont les plus grands bénéficiaires sur le plan économique.

L’aide participe à la promotion de la francophonie. Et là, j’ai envie de leur dire : « Nous n’en avons que faire de la francophonie ! ».

Le français est clairement un frein à la formation des africains. L’Afrique francophone est la seule région colonisée à avoir marginalisé les langues maternelles dans le processus éducatif. Alors, pourquoi s’étonner du faible taux d’alphabétisation aujourd’hui dans ces pays ?

Et l’immigration, n’est-elle pas une conséquence de l’aide internationale ? Bien sûr que si ! Et d’ailleurs sur ce point, la question de l’immigration est ambivalente. L’aide empêche le développement d’une structure économique prospère, livrant les pays africains à la satrapie et à la misère avec aucune perspective d’avenir pour la jeunesse. De là, on peut tirer une des raisons de l’immigration massive.

D’un autre côté, les migrants envoient 10 à 20% de leurs revenus à leur famille qui dépendent donc d’eux. Les banques étrangères gardent 7 à 18% des montants

envoyés. Il ne faut pas oublier les impôts, et même plus important, le renouvellement de la jeunesse européenne par les étrangers. Alors dites-moi, à qui profite l’immigration ?

Je reste sceptique par rapport à la capacité et la volonté des Gouvernements occidentaux à assister les africains. Les Organisations humanitaires sont simplement des moyens de se défausser du sous-développement de l’Afrique. L’aide perpétue le cycle de la pauvreté et freine la croissance des pays africains, qui deviennent de plus en plus passifs. D’ailleurs, les seuls pays qui n’en bénéficient pas (Afrique du Sud, Botswana) conjuguent une meilleure santé économique.

L’aide doit être un impératif moral en cas de force majeure (comme en Haïti lors des tremblements de terre), mais l’aide ponctuelle accrue ne peut pas aider un pays à se développer.

Nous devons refuser l’aide ! C’est honteux de voir nos dirigeants se transformer en mendiants face à l’ONU ou à la Banque Mondiale ! On ne doit pas se faire d’illusions, aucun pays au monde ne pourra avancer grâce à la solidarité internationale. Le développement passe par le travail ardu que fournissent les citoyens, qui doivent eux-mêmes définir leurs priorités.

Nous devons être conscients que cette aide n’est qu’un moyen d’influence, ce qui fait de ce sujet, un tabou sur la scène internationale. A nous, Africains, de dire non à l’ingérence, en refusant l’aide et en prenant en main l’avenir de notre Continent. Nous devons sortir de ce processus d’assistance progressivement et le plus vite possible. Nous ne pourrons pas la refuser et rester les bras croisés. Il faudra travailler, prendre des initiatives, créer pour nous en sortir (THINK – CREATE – DO). Et tout cela, en Afrique, car l’immigration aussi est un frein au développement. Je terminerai en reprenant les propos de M. Marie Teuw Niane, Professeur de mathématiques à l’UGB : « Le champ de construction de l’Afrique, c’est la terre africaine ».

AGEDE

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Classé dans Economie et Politique

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