Intensification de la production rizicole dans la vallée de Bignona : La Goana à l’assaut de la Casamance

Deux mille hectares de terre de la vallée de Bignona devront accueillir la Goana cette année. En prélude à son lancement avant fin juin, le directeur général de l’Anrac a fait face à la presse pour rendre compte de la mission d’imprégnation effectuée dans cette zone.

Pour intensifier la production rizicole au Sud du pays, la Goana sera cette année dans la vallée de Bignona. Ce sera avant fin juin. L’annonce a été faite hier par le directeur général de l’Agence nationale pour la relance des activités économique et sociale en Casamance (Anrac), Me Pierre Marie Bassène. Selon lui, l’équipe de l’Anrac, dans le cadre des pré-foras consacrés à la problématique des aménagements et de la mise en valeur des terres de la vallée de Bignona/Affiniam a, pour ce faire, rencontré du 23 mai au 1er juin dernier les acteurs dans les dix collectivités locales du département de Bignona. ‘Notre démarche a été de faire en sorte que ce projet soit au maximum inclusif. Nous avons le sentiment d’avoir atteint notre cible, car nous avons rencontré l’ensemble des acteurs des collectivités locales, ensuite nous avons échangé avec les associations de femmes et de jeunes, les 114 cellules de reconstruction de la Casamance dans les dix communautés rurales. Ces derniers ont évoqué leur vécu près du barrage d’Affiniam sur le marigot de Bignona, leurs attentes à intégrer tout le processus de réaménagement des deux mille sur douze mille hectares concernés par ce projet’, détaille le Dg de l’Anrac, ajoutant que les rencontres se sont faites sans parti-pris.

Le projet s’étend sur deux mille hectares de terre au niveau du marigot de Bignona, sur lequel est construit le barrage d’Affignam, un affluent du fleuve Casamance long de 66 km. Son aménagement vise à améliorer, voire intensifier, la production rizicole dans ces zones. Il devra produire entre 20 mille et 30 mille tonnes par an. Le financement de ce projet à hauteur d’un milliard de francs Cfa de la Banque mondiale (Bm), plus une partie des 19 milliards de la Banque africaine de développement (Bad) à travers le Paderca, devra faciliter l’endiguement et la reconstruction du barrage d’Affiniam d’une part et aider, d’autre part, à la construction de bassins de rétention pour la culture du poisson, des crevettes, etc., au niveau du marigot de Bignona.

D’après le Dg de l’Anrac, l’intérêt du projet est que les populations ont trop souffert de la remontée des eaux salées au niveau de ce barrage dont la construction par la République populaire de Chine à partir de 1980 avait été interrompue par l’incident diplomatique qu’il y a eu entre Dakar et Pékin. Celui-ci n’a pu être livré au Sénégal que huit ans plus tard. Et depuis lors, l’ouvrage n’a connu aucun entretien. D’où l’échec noté dans l’atteinte de ses objectifs 23 ans après. Le barrage apparaissait comme une solution à la montée des eaux salées, il devait améliorer l’agriculture, lutter contre l’exode rural, entre autres.

Une rencontre entre l’Anrac, les autorités étatiques et les partenaires financiers et techniques est prévue sine die. Ce sera pour la restitution des résultats de la mission en Casamance qui sera suivi du lancement officiel dudit projet.

Par ailleurs, le Dg de l’Anrac, interpellé sur l’aptitude qu’on lui prête à ne recruter au sein de l’agence qu’il dirige que de proches parents, a apporté sa version. Preuve à l’appui, Me Pierre Marie Bassène déroulera la fiche technique du son personnel dont les cadres étaient à ses côtés. Il s’agit de Boucar Diouf, directeur administratif et financier, de Serigne Fall, directeur technique, du Dr Ibrahima Camara, directeur de l’appui au développement local et de Mamadou Mow Diatta chargé de la décentralisation et des collectivités locales. ‘Je n’accuse pas la presse. Elle a reçu des documents pour les révéler. A-t-elle fait correctement son travail ? Je ne sais ! Ce qu’il faut regretter, c’est l’alimentation qui a entouré ses informations’, s’explique le directeur général de l’Anrac. Pierre Marie Bassène dit ne soupçonner personne dans cette affaire qui tend plus à nuire qu’à informer le citoyen sénégalais. ‘Dites-moi parmi ceux qui sont ici, qui porte le nom Bassène’, s’étonne-t-il.

Quid de la gabegie dont il est, en outre, accusé à la tête de l’agence en charge de la reconstruction de la Casamance ainsi que l’implantation de son siège à Dakar et non au Sud du pays ? Ses proches collaborateurs s’expliquent. Selon eux, l’implantation du siège de l’agence dans la capitale sénégalaise a été guidée par un choix politique. ‘Au lendemain de la création de l’agence, le Mfdc avait demandé que les bureaux soient à Ziguinchor, mais étant une agence du Sénégal au même titre que les autres, son siège ne pouvait être qu’à Dakar. Ce qui explique la location d’un immeuble’. Toujours est-il que, selon les collaborateurs de Pierre Marie Bassène, le champ d’action de l’Anrac reste la Casamance. A les en croire, si la presse fait cas des voyages du Dg par avion à Ziguinchor, il faudrait aussi noter qu’une dizaine de milliards a été investie à Ziguinchor avec notamment la construction du pont de Bandial et de l’hôpital psychiatrique de Kenya. ‘Les seuls juges sont les populations de la Casamance qui, sans doute, décerneront une meilleure note à l’Anrac’, affirment-ils.

Abdoulaye SIDY

Wal Fadjri

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