« Qui voter en 2012 ? » – Dossier 4 – Abdoulaye Wade (PDS/AST)

Carte d’identité

Nom : WADE

Prénom : ABDOULAYE

Date et Lieu de Naissance : 29 Mai 1926 à Kébémer (SN)

Famille : Marié , deux Enfants

Etudes et Diplômes : Docteur en Droit et Sciences Economiques de l’Université de Grenoble (1959)

Agrégé en Sciences Economiques – Université de la Sorbone, Paris (1970)

Expérience Professionnelle : Chargé de cours à l’Université de Dakar (1960 à 1968)

Assistant à la Faculté de Droit et des SES de Paris I, ASSAS (1968)

Avocat au barreau de Dakar

Professeur à l’Université de Dakar,

Ecrivain et Auteur de Un Destin pour l’Afrique, Les Mathématiques de l’analyse économique moderne

Parti(s) Politique(s) :

Responsable local au Parti Socialiste (PS) (1973)

Parti Démocratique Sénégalais (PDS) – (Fondateur en 1974)

Mandats Politiques : Député à l’Assemblée nationale (1978 à 1980)

Ministre d’Etat (Avril 1991 à Octobre 1992)

Ministre d’Etat auprès du Président de la République (1995 à 1997)

Président de la République (depuis 2000)

Candidatures Présidentielles : 1978, 1983, 1988, 1993, 2000,2007

Vainqueur en 2000 et 2007, Candidat déclaré pour 2012Son

Parcours Politique

Les Débuts :

Après un passage éclair au PS en 1973, parti-Etat à l’époque, Abdoulaye Wade, déjà très actif dans les mouvements estudiantins et intellectuels noirs en France, fonde en 1974 le Parti Démocratique Sénégalais (PDS) qui devient en 1976, l’un des trois partis autorisés par la Constitution en compagnie du PS et du PAI.

L’Opposant tenace (1974-2000) :

Battu lors de la Présidentielle de 1978 sur un score stalinien (82,5%) par le poète Président Senghor, le néo opposant Wade va également assister impuissant à la passation constitutionnelle du pouvoir entre Senghor et Diouf en 1980. Il décide alors de muscler son discours en se faisant défenseur du monde paysan et des étudiants. Contestant les résultats des élections législatives de février 1988, Wade est emprisonné lorsqu’éclatent, le lendemain du scrutin, des émeutes consécutives à son indignation. Populaire, il sera libéré confirmant ainsi qu’il est le premier rival du Président Diouf et du camp socialiste. Diouf fait appel à lui dans un gouvernement d’Union nationale en 1991 et remporte l’élection présidentielle de 1993. Mais contrairement à 1988, où il avait obtenu 73 % des voix, Diouf qui est l’héritier de Senghor, n’obtiendra « que » 58 % des voix en 1993 ce qui annonce son déclin et la progression de Wade. A nouveau emprisonné pour suspicion de complicité dans le meurtre du magistrat Me Babacar Sèye en 1993, Wade sera à nouveau libéré et blanchi. Sa longue tradition de lutte aux cotés des étudiants ne faiblira pas lors de l’année scolaire 1993-1994 qui sera sujette à de fortes perturbations et manifestations. Après un bref second passage au gouvernement (1995 à 1997) et usé par le combat, il finit par se retirer en France, pensant pendant un moment arrêter sa carrière politique. Sur initiative de son dauphin d’alors Idrissa Seck, il revient au bercail et sera accueilli triomphalement par tout un peuple avide de changement. Le mouvement de l’alternance est lancé…Celle-ci sera effective et officielle le 19 Mars 2000 où Abdoulaye Wade après 26 années de combat dans l’opposition est élu Président de la République du Sénégal, face à son rival, le Président sortant socialiste Abdou Diouf.

Le Président, les grands travaux et l’instabilité ministérielle (2000-2011) :

Dès son accession au pouvoir, le Président Wade retrouve sa verve de combattant politique. Utilisant les possibilités que lui offre le régime présidentialiste sénégalais, il dirige le pays en « cavalier seul », ce qui ne manque pas de fissurer l’alliance (CA2000) qui s’était formée autour de lui. Début 2001, il se sépare de Moustapha Niasse, son premier ministre pour le remplacer par Mame Madior Boye, première femme à occuper ce poste au Sénégal. Ce remaniement n’est en réalité que le premier d’une longue liste qui verra se succéder pas moins de six premiers ministres (M.Niasse, M.Boye, I.Seck, M.Sall, H.Soumaré, S.Ndiaye) et plus d’une centaine de ministres. Un record. Cependant, cette instabilité ministérielle ne constituera pas un frein à la réalisation des grands projets chers au Président Wade : la modernisation du réseau autoroutier dakarois et sénégalais, la construction d’un nouvel aéroport international (Aéroport International Blaise Diagne), les efforts vers l’autosuffisance alimentaire (qu’il dit être atteinte), la création de nouvelles

universités (Université de Thies, Université de Bambey) et des projets innovants tels que la Case des Tout-Petits. Son bilan, jugé positif par les sénégalais en 2007, lui a permis d’être réélu dès le premier tour de la Présidentielle avec 55 % des voix face à 14 autres candidats dont Moustapha Niasse (AFP), Ousmane Tanor Dieng (PS) et…Idrissa Seck. Celui-ci venait de sortir de prison, après que l’Etat ait mené une action en justice contre lui à propos de détournements de deniers publics. Cette affaire bientôt renommée « Affaire des Chantiers de Thiès » marquera la volonté de Wade d’écarter ses éventuels concurrents et successeurs en interne. Macky Sall subira le même sort en étant exclu du PDS. Au niveau international, Wade se distinguera par de multiples présences et interventions lors des sommets du G8 ou de Copenhague (2010), glanera de nombreuses distinctions sur la scène internationale (Docteur Honoris Causa Universitaire, Citoyen d’Honneur de nombreuses villes, Légion d’Honneur) et proposera des solutions comme le plan Omega en collaboration avec le Président sud-africain Mbeki. Mais si le Wade international est plutôt bien vu, le Wade local cède du terrain. Pour preuve, en 2009, le PDS parti au pouvoir, perd les élections locales au Sénégal, à peine deux ans après le triomphe du Président sortant lors du scrutin de 2007. Alors que la situation économique se dégrade, le clan présidentiel semble déconnecté des réalités et la mise en avant du fils Karim Wade, candidat à la mairie de Dakar, finit par susciter le rejet des sénégalais. Le président Wade nommera néanmoins son fils à la tête de pas moins de 4 ministères, faisant de celui-ci le ministre le plus influent de l’Histoire du Sénégal. Wade et les perspectives d’avenir : Le stratège politique Wade a donc fait le vide autour de lui : Exit Seck et Sall, ses deux anciens premiers ministres et derniers directeurs de campagne en 2000 et 2007. L’ascension rapide de son fils Karim vers les hautes sphères de l’Etat (Président de l’ANOCI puis Ministre d’Etat) a fait naitre parmi la presse et l’opinion publique sénégalaise des suspicions de passation dynastique du pouvoir. Mais Abdoulaye Wade s’est toujours défendu d’avoir un tel dessein.Pour la présidentielle de 2012, le Président Wade, 84 ans, est prêt à relever le défi comme il l’a confié au Quotidien burkinabé « Le Pays » en Décembre 2010. Il avait alors déclaré « Je suis candidat parce que je suis capable, physiquement, intellectuellement et politiquement de relever triomphalement ce défi, avec l’aide de Dieu. » Malgré quelques doutes sur sa santé, Abdoulaye Wade apparait comme un homme déterminé dont les nombreuses sorties publiques et voyages à l’étranger semblent confirmer la bonne forme physique.

Abdoulaye Wade et 2012

Points Forts : Une connaissance parfaite de la scène politique sénégalaise, un statut de Président sortant, une grande visibilité médiatique au niveau national et au niveau international, un parti au pouvoir bien implanté dans tout le pays, un bilan positif au niveau des infrastructures, une grande résistance à l’adversité (Le Parti Socialiste qu’il avait battu ainsi que la plupart de ses alliés de la Présidentielle de 2000 sont aujourd’hui dans l’opposition), une opposition dont certains membres influents (Macky Sall, C.T Gadio voire Idrissa Seck) sont issus de son parti, un très grand charisme.

Points Faibles : Il brigue un troisième mandat potentiellement invalide selon la Constitution de 2001, une forte inflation et la crise de l’Electricité, des scandales financiers retentissants (Affaires Ségura, Taiwan), une grogne sociale grandissante en fin de mandat symbolisée par les élections locales perdues de Mars 2009, une contestation en interne avec Idrissa Seck, l’impopularité de son fils Karim Meissa Wade ministre à la tête de secteurs stratégiques comme l’Energie et les Infrastructures.

Affinités Politiques et Alliances probables : Sur ordre d’Abdoulaye Wade, le PDS a été refondé en un grand parti du pouvoir , le PDSL (Parti Démocratique Sénégalais Libéral). Il se démarque ainsi des partis à tendance socio-démocrate comme l’AFP de Moustapha Niasse, son premier ministre au lendemain des élections de 2000. Ce PDSL appartient à une coalition plus large dénommée AST c’est à dire Alliance Sopi pour Toujours. Cette coalition, pendant de la coalition d’opposition Benno Siggil Sénégal, est composée d’une cinquantaine de partis dont les plus importants sont AJ PADS de Mamadou Diop Decroix ainsi que L’URD de Djibo Leyti Ka.Comportement entre les deux tours : Si sa candidature venait à être validée et qu’il arrivait au second tour  de la Présidentielle, le candidat Abdoulaye Wade pourrait faire face à une opposition soudée comme ce fut le cas pour Abdou Diouf en 2000. Outre la réserve de voix que lui offrent le PDSL et l’AST, le Président Wade pourrait également s’appuyer sur l’appui (surprise) d’éventuels candidats comme Idrissa Seck ou Macky Sall même si ces deux derniers affichent de plus en plus leur indépendance vis-à-vis de leur exmentor. De plus, il parait peu probable que le candidat Wade ne passe pas le 1er tour de la Présidentielle de 2012 si jamais il sollicitait le vote des sénégalais. Vainqueur au 1er tour en 2007 avec un peu plus de 55% des voix, il semble encore disposer d’une réserve de voix suffisante pour accéder au second tour.L’avis de la CEP sur Abdoulaye Wade

Les avis ci-dessous sont ceux des membres de la Cellule Economique

et Politique (CEP) de Njaccaar VisionnaireAfricain. Ces avis reflètent

la pensée de leurs auteurs et non celle de Njaccaar qui se contente

du travail de recensement et de diffusion des informations, comme

c’est le cas dans les pages précédentes.

Fary Ndao : Il y’a tellement à dire sur Wade. L’opposant m’a marqué même si

j’étais assez jeune. L’homme de pouvoir également, qui résiste contre vents et

marées aux scandales à répétition et à qui la presse, très indépendante,

n’hésite pas à « rentrer dedans ». Malgré tout cela, l’homme est toujours là,

avec ses idées, ses projets et son bilan : cela force le respect. Cependant son

incapacité à juguler la crise économique et sociale dans le pays, couplé aux

largesses faites à son fils et l’enrichissement supersonique du clan libéral m’ont

définitivement convaincu qu’il devait partir en 2012. Pourvu que le conseil

constitutionnel invalide sa candidature sinon il peut gagner, vu qu’en face il n’y

a pas grand monde…Et puis un homme de 86 ans à la tête d’un pays de jeunes,

ce n’est pas cela ma vision de la représentativité.

Adama Diouf : Abdoulaye Wade est sans doute l’un des sénégalais les plus

brillants de sa génération. Depuis presque 40 ans sur la scène politique

sénégalaise, l’homme a fait montre d’une forte capacité d’endurance et de

patience qui finiront par le mener à la magistrature suprême un soir du 19 mars

2000 par une transition démocratique saluée par le monde entier. Au fil des 11

années durant lesquelles il a dirigé le pays, l’espoir qu’avait suscité son élection

semble de plus en plus laisser place à un ras-le-bol généralisé et à un

mécontentement populaire qui rappellent les dernières années du pouvoir

socialiste. Jamais au Sénégal un président n’a fait l’objet d’autant de

contestation et de désapprobation en seulement 10 ans de pouvoir. En effet,

les scandales financiers à répétition, la hausse généralisée des prix des denrées

de première nécessité, l’affichage arriviste de ses protégés et nouveaux riches

de l’alternance, la place prépondérante de son fils au sein de l’appareil d’Etat,

le tripatouillage de la Charte fondamentale, l’utilisation des institutions comme

l’Assemblée pour régler des comptes politico-personnels….j’en passe, ont fini par tuer le mythe et rendre accessoire aux yeux de l’opinion publique sénégalaise certains aspects positifs de son bilan. A un an de l’élection présidentielle de 2012, de nombreuses questions viennent remettre en cause sa volonté déclarée de se présenter pour un troisième mandat…Mon avis est qu’il est temps de trouver une alternative à l’alternance et de faire partir Wade en 2012 pour enfin retrouver le vrai visage lumineux du Sénégal qu’on aime.

Sources

WEB

www.wikipedia.org

www.jeuneafrique.com

www.gouv.sn

www.rewmi.com

www.france24.fr

PRESSE

Sud Quotidien

Le Populaire

Le Soleil

BIBLIOGRAPHIE

Présidents et ministres de la République du Sénégal,

Dakar, 2006 – B.Ndiaye et W.Faye

Un destin pour l’Afrique,

Paris, 2005 – Abdoulaye

Wade

Tous droits réservés.  Ce dossier ainsi que l’ensemble des dossiers de la série « Qui voter en 2012 » sont l’exclusive propriété de l’Association Njaccaar VisionnaireAfricain. La reproduction et la diffusion sont permises à condition d’en citer expressément la source. La Cellule Economique et Politique de Njaccaar

VisionnaireAfricain vous remercie. A bientôt pour un nouveau dossier « Qui voter en 2012 ? ».

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Classé dans Economie et Politique

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