R.D.C : Misère et guerres voulues ou tolérées ?

Pays de 2.345.000 km2, 80 fois la Belgique, son pays colonisateur ou 4 fois la France, 11 provinces,  4 langues nationales, flore et faune merveilleuses, ressources minières, pétrole, cuivre, diamant, cobalt,  or, etc. Une population de 60 millions de personnes aussi radieuses que le pays-même. Tout pour être fier d’un pays si comblé. Pays comblé, certes, appelé normalement à réussir sur tous les plans, mais c’est tout à fait le contraire dans cet état. Ce pays s’enfonce jour après jour dans le désarroi et les ténèbres, causé bien entendu par l’occident, en premier lieu, qui de par sa malicieuse manie et son diabolique désir de manipuler les anciennes colonies, ne laisse à ce pays aucun moyen de s’en sortir, aucune sortie de secours. La mondialisation, mot amical qui cache si intelligemment son côté matois, s’agissant tout simplement de la politique d’exploiter l’Afrique, que des innocents meurent au Sud pour  tenir debout l’économie du Nord. Comme disait Thomas Sankara : « Sucer le sang de nos peuples et vivre de la sueur de nos peuples ». Tout africain conscient sait de quoi je parle, et ce pays malheureusement ne fait pas exception à leur règle. En second lieu, les hommes politiques, aussi incompétents les uns que les autres, complices de ces trafics et magouilles, préfèrent se remplir les poches que servir les causes communes, résoudre les principaux problèmes : la pauvreté, une population pauvre sur un sol riche,  parmi les pays les plus pauvres du monde. On connait de fortes inégalités sociales : environ 70% de la population vit sous le seuil de la pauvreté; l’approvisionnement en électricité à la population, alors que ce pays possède un barrage hydro-électrique au sud-ouest : INGA, lui qui pourrait alimenter toute l’Afrique; l’approvisionnement en eau potable aux masses populaires, alors que le fleuve Congo est le second plus grand fleuve africain et second plus puissant du monde, de par son débit atteignant les 80.000m2 /seconde. Nous avons également le lac Victoria, le plus grand lac d’Afrique comptant au moins 450 différentes espèces de poissons, le lac Tanganyika, toujours à l’est, demeurant le lac le plus poissonneux du monde ! Cela doit être le seul lac où les poissons meurent de vieillesse au lieu de mourir dans les filets et bassins des pêcheurs, sans tenir compte de la terre qui est fertile sur toute l’étendue nationale. Malgré cela, le quart de la population souffre de malnutrition. Le chômage : trouver un emploi pour un licencié ou un diplômé est un vrai casse-tête. Des jeunes qui aimeraient bien travailler mais n’ont pas de place : l’Etat ne crée pas d’emploi. La guerre, à l’Est, est le premier fléau de cette nation, au prix de vies humaines. Le pillage continue avec le coltan (colombo-tantalite), minerai utilisé dans la production des téléphones portables. Notons que cette région détient 80% des réserves mondiales. Sous les yeux complices des casques bleus des Nations Unies, depuis plus d’une décennie, des gens sont tués en chiffres hallucinants, des femmes sont violées, allant des filles de 9 ans aux vieilles femmes de 75 ans, des enfants de tous les âges enrôlés par les rebelles (les enfants soldats). Des victimes innocentes c’est encore le peuple qui paie le prix fort. Des enfants appelés à devenir les guides de demain, sont spectateurs et témoins de scènes atroces de boucheries. Des atrocités qui marqueront toute la vie de cet enfant. Nous avons des scènes comme un enfant de 7ans trainant sa mère morte dans la boue pensant qu’elle se réveillera, un enfant de 11 ans qui assiste impuissant à l’assassinant de son père ainsi que le viol de sa mère et de ses sœurs, la maison où il dormait, brûlée. Et il devient réfugié, s’entassant sous une tente avec plusieurs autres enfants, dans les pires conditions sanitaires qui soient, regardant le ciel en espérant qu’il pleuve des aides humanitaires, ayant investi tout son espoir dans les Organisations Non-Gouvernementales, se disant que sa vie ne dépend que d’elles, ignorant que certaines sont là pour leurs intérêts personnels. La santé : la mortalité infantile est fortement présente, le paludisme, le choléra, le SIDA et autres gagnent du terrain année après année.

Où va ce si grand pays ? Question à laquelle, en toute honnêteté je ne peux pas répondre entièrement, car  la situation  empire jour après jour.  Les années passent, la violence est toujours présente, la mauvaise gérance politique exacerbe. Témoin de toutes ces injustices et sévices, la jeunesse est désespérée, croyant être ou devrais-je dire, convaincue d’être impuissante à tout ce que ce pays traverse. Abandonnée à son propre sort, ayant assez vu, elle présente un curieux ras-le bol, censé être caractérisé par une révolte mais se manifestant par un désinvolte silence. Une partie de celle-ci se baignant dans l’alcool et l’amusement, et l’autre partie pensant trouver l’eldorado et la solution à tous les problèmes du pays à l’église, pensant que le Très-Haut fera tout à sa place sans qu’elle ne lève le petit doigt. Ayant en face d’eux, des leaders d’opinions, pasteurs, politiciens et musiciens qui les endorment et les distraient prédication après prédication, album après album, discours après discours et interview après interview.

Quand est-ce que cela s’arrêtera ? Quand la jeunesse se lèvera comme un seul homme, surpassant le tribalisme et querelles ethniques, pour dire stop au cirque auquel elle assiste depuis trop longtemps. Quand la jeunesse comprendra qu’elle participe aux tueries d’enfants et viols de femmes par son inaction. Quand la jeunesse réalisera où se trouve sa place et quelle est sa mission. Quand elle saura qu’elle possède la clé de l’issue de secours. Quand elle saura que ce pays est le sien, et que si elle ne le défend pas, personne ne le fera, si elle n’y amène pas le développement, personne ne le fera. Quand elle saura que l’occident et les chinois ne sont pas là pour sécher ses larmes mais au contraire en rajouter, que ses envahisseurs ne sont là que pour régler leurs problèmes. Si Africain, je n’accepte pas de me donner corps et âme pour participer au développement de mon pays de mon continent, pourquoi espérer et attendre que d’autres viennent le faire à ma place?

Le Congo a d’abord besoin d’un nouveau pouvoir et la jeunesse doit être porteuse d’un idéal. Chaque génération a sa responsabilité sur la génération suivante. Est-ce le Congo que nos enfants et leurs enfants sont censés trouver à leur naissance ? Nos parents et leurs parents ne cessent de se dire que nous sommes ceux qui changeront les choses. Rapporter la tâche au prochain sans agir en premier ne fait qu’empirer la situation. Personne n’agit et regardons où nous en sommes, agir aujourd’hui pour que ceux qui suivent et ceux qui les suivront fassent de même. Je le dis avec la larme à l’œil, si la jeunesse n’agit pas, nous aurons beau nous plaindre, pleurer, nous mordre les ongles, aller à l’église tous les jours de la semaine pour plaider, rien ne changera par miracle : nous serons toujours contraints de tolérer,  subir, voir nos mères et sœurs se faire violer, nos petits frères et sœurs se transformer en enfants soldats, nos parents demeurer  chômeurs ou impayés, nos enfants non scolarisés ou mourir d’une fièvre, observer nos richesses profiter aux autres pendant que nous avons assez de cerveaux capables de créer ou prendre la technologie et la science partout où ils peuvent la retrouver. Nous serons condamnés à demeurer dans l’obscurité. Notre pays est un pays pauvre qui enrichit les pays déjà riches, parce qu’il a eu peur ou n’a pas su dire NON, peur de se révolter, non pour replonger le pays dans la crise, mais pour trouver  des solutions, pour se réapproprier ce qui lui a été volé depuis tant d’années et continue a lui être volé, peur d’exercer son devoir de jeune congolais.

Florian  M

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Classé dans Economie et Politique

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