L’UNITE AFRICAINE !

L’Afrique, ce continent fort de ses richesses minières, de son histoire, est aujourd’hui celui sur lequel tous les yeux se tournent pour le voir se lever ou encore plus s’enfoncer dans ses problèmes. Sommes-nous capables d’identifier nos problèmes et de les régler par nous-mêmes sans interventions extérieures? Depuis des siècles en passant par l’esclavage, la colonisation, une forme de dépendance s’est installée entre les pays africains, les esclavagistes, futurs colons, futurs membres de la « communauté internationale ». Nous n’allons pas refaire l’histoire mais plutôt nous concentrer sur les cinquante dernières années.L’Organisation de l’Unité Africaine est née en 1963, depuis cette période les tentatives n’ont pas donné de résultats satisfaisants. L’unité, pourquoi, par qui et pour qui ? Telles sont les questions qu’il faut se poser étant donné les difficultés que les dirigeants africains semblent éprouver pour la mettre en œuvre. Ce qui semble transparaître est une sorte de non-compréhension de l’enjeu de l’union des états africains.Pour comprendre l’enjeu de l’union il faut interroger malgré nous, les anciennes « puissances coloniales » qui ne sont pas sans savoir ce que leur coûterait une Afrique unie. Quelles seraient les conséquences de l’Unité africaine dans la balance des échanges mondiaux ? L’Afrique, si on la prend dans son ensemble constitue aujourd’hui le principal fournisseur en matières premières de ces anciennes « puissances coloniales ». Il fournit des produits sur le marché mondial dont les cours sont fixés par les acheteurs (« colonial power »). Voici le scénario :- C’est l’acheteur qui fixe le prix qui lui semble le plus approprié. Le fournisseur (Afrique) vend malgré les pertes que cela va engendrer. S’il ne le fait pas, il garde une surproduction qu’il ne peut écouler sur le marché local (Reste de l’Afrique). Il préfère donc « faire semblant de vendre » le bien aux pays développés qui en profitent pour faire de bonnes affaires.Une Afrique unie veut dire d’abord et avant tout, une Afrique sans guerres et conflits internes interminables. L’union se traduira par des pays stables, une population en sécurité qui sera apte à la construction d’un système économique, social et politique qui lui est propre. Une situation d’instabilité dans certaines régions d’Afrique font que des sols sont pillés de leurs ressources sans que personne, encore moins nous les Africains, ne s’en soucient. Les projecteurs sont tournés vers les guerres et non vers les multinationales qui pompent les ressources du territoire ni vu ni connu. Cela peut actuellement se vérifier dans le Kivu.

Une Afrique unie se traduit aussi par une monnaie unique. Il faut éviter la multitude de devises actuellement présentes sur le marché africain. Du franc CFA, en passant par le dallassi pour terminer par l’escudo cap-verdien, le continent regorge de devises pour la plupart non convertibles entre elles. Cela freine la facilité des échanges sachant que les devises sont arrimées à des monnaies comme l’euro ou le dollar et peuvent subir des conséquences négatives face aux fluctuations dans les marchés internationaux. Là encore le bon vieil ami ex « puissance coloniale » est là pour assurer la « stabilité monétaire » des gentils pays africains qui ont besoin d’un grand-frère pour veiller sur eux dans l’arène économique internationale et surtout lui garder ses réserves de monnaie.
Une Afrique unie, a aussi besoin d’être forte sur le plan démographique comme aime à le dire notre cher ami FN. L’Afrique fait presque 10 fois la superficie de l’Inde pour une population équivalente. Toutes les puissances économiques sont passées par une transition démographique importante. Voici entre autres quelques points sur lesquels il est impératif de travailler pour l’unité africaine : la paix, la stabilité sociale et politique, la monnaie ainsi que la démographie.Dans la réalité, voici la situation à laquelle nous faisons face : l’Organisation de l’Unité Africaine est devenue l’Union Africaine en 2002. Des idées panafricaines portées par des chefs d’états africains, il y en a et elles sont souvent animées de bonnes intentions. Par contre il manque des réalisations ou alors une lenteur s’empare de l’avancement des travaux. Du 24 au 31 janvier dernier se tenait le dernier sommet de l’Union Africaine à Addis-Abeba en Éthiopie. Son altesse impériale Hailé Sélassié aurait-il été fier de ce qu’est devenue l’entité qu’il avait fondée avec ses 47 autres homologues africains en 1963 ? Les tensions et les crises font aujourd’hui partie du décor du continent. On compte actuellement le Soudan, le Kivu, la Somalie, le Tchad, la Tunisie, la Côte d’Ivoire, l’Algérie…. Il faut quand même noter que dans certains cas ce sont des frères et sœurs africains qui s’entretuent pour des raisons que je ne m’aventurerai pas à expliquer dans cet article (next time maybe ).Ce à quoi la population est confrontée est un problème d’identité et d’identification par rapport à l’autre, son frère ou sa sœur d’Afrique. Je n’exclue pas la forte part de responsabilité des anciens pays colonisateurs et de la douce, belle et efficace communauté internationale dans ces conflits et ou crises. Ils se sont magnifiquement distingués, soit par leur mutisme ou par leur capacité à agir sous une cape d’invisibilité sans laisser de traces trop compromettantes. Dans la même lancée je condamne fermement la cécité des Africains qui ne voient pas que tous ces conflits freinent nos ambitions de bâtir un futur état africain fort dans tous les sens du terme. Ces conflits nous ralentissent mais aussi causent des pertes inutiles en vies humaines.Depuis toutes ces années l’on devrait se dire que l’union doit contribuer à éradiquer ces maux de la surface du continent. En parallèle les initiatives et actions locales doivent se multiplier auprès de la population dans la mesure où, vers le haut, les avancées tendent à se faire sentir.

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Classé dans Culture et Société

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