La fascination pour les images macabres par Nzwamba Simanga

L’envahisseur d’hier, qui occupe le haut du pavé médiatique de nos jours, focalise énormément l’attention sur nos échecs et omet volontiers de mentionner nos réussites.

Cette propagande de guerre contribue à amplifier nos angoisses et à manufacturer dans nos esprits l’idée d’adhérer volontairement à la DOMINATION HUMANITAIRE (O.N.G., communauté internationale, O.N.U., aides, etc…) afin de guérir un certain syndrome chronique du « nègre incapable ». Malheureusement, beaucoup d’entre nous sont devenus, par fatalisme, perméables à cette suggestion et par réflexe de subordination ils alimentent volontiers eux-mêmes cet assaut médiatique en relayant les images les plus morbides sous le prétexte de « réveiller » une certaine « conscience » du drame au sein de la Communauté.

Cette compétition aux images les plus crues provoque paradoxalement chez le spectateur une frousse indéscriptible de son pays et un sentiment d’impuissance incroyable au point de se demander s’il existe encore des personnes sobres (buveurs de sang) au bled. Que ne fût pas mon étonnement lorsqu’on me demanda un jour, avec tout le sérieux du monde, s’il fallait s’acheter un fusil avant d’aller au Congo…. C’est tout dire, tellement l’effroi était à son comble… La peur maladive de son pays venait d’envahir son esprit traumatisé. Tout a coup, un réflexe de subordination l’envahie et se demandait pourquoi les États-Unis (envahisseur notoire, soit dit en passant) n’intervenait pas pour faire respecter « les droits de l’homme ». En somme, je m’imaginai déjà un léopard voler au secours d’une gazelle logée dans la gueule d’un lion.

De plus, on assiste ainsi à un espèce de concours insidieux de celui qui va dévoiler le côté le plus monstrueux et congénital de la barbarie du Nègre. Le 11 septembre 2001, l’Amérique a été frappé de plein fouet et 3000 morts plus tard on a toujours pas vu un seul cadavre de cette tragédie à la télévision. Pas de corps déchiquetés ou éventrés au sol à nous servir aux heures de grande écoute. Les images étaient plutôt propres pour un tel carnage. Les autres préservent la diginité des leurs dans la mort et pourtant notre Tradition l’exige tout autant.

Depuis bientôt deux ans, je suis frappé par un phénomène étonnant sur le web et qui concerne l’aventure spatiale de la firme congolaise ‘‘Développement tout à Azimuts’’. J’avais rendu public leur aventure en publiant les tests des fusées « Troposphère IV », qui fût une réussite, et « Troposphère V », qui fût un échec. Mais quelle est la vidéo qui circule le plus dans l’univers web congolais? Celle de l’échec de Troposphère V. Pourtant les deux vidéos étant disponible au même titre, c’est tout de même la vidéo de l’echec, de Troposphère V, qui a attirée le plus de monde et fût aussitôt sujette à toute la palette de sarcasmes possible. Les chercheurs ont été traités de tous les noms, voir d’irresposables car il semblerait que la priorité du Congolais serait de manger d’abord avant d’envoyer des boites de lait dans l’espace. Bref, on ne peut pas s’empêcher de constater un manque de prospective manifeste et général.

Troposphère IV: http://www.dailymotion.com/video/x8stzr_programme-spatial-congolais_tech
Troposphère V: http://www.dailymotion.com/video/x8w4sm_lancement-de-la-fusee-troposphere-v_tech

Et voilà comment on a finit par développer une intolérence à la réussite. Tout ce qui nous fascine ne sont que les images macabres et les échecs. On en redemande sans cesse comme une drogue. On en vient à rechercher inconsciement des traces d’échecs dans toute réussite. Les réussites font fréquement l’objet de suspicions. La zombification due à la propagande de gueurre des envahisseurs du nord est bien huilée au point d’avoir réussit à nous transformer en adorateurs d’images morbides, d’images les plus macabres possibles.

Faites vous-même le test suivant: Aller sur le site de Dailymotion et à l’invite de recherche tapez le mot « troposphere ». Aussitôt, une proposition de « troposphere 5 » apparaît.

Il nous faut refuser d’adhérer à la philosophie qui consiste, avec une insistance maladive, de voir constamment le verre à moitié vide. Une psychologie savament manufacturée par la propagande de guerre depuis bien longtemps.

Soyons beaucoup plus équilibré dans la gestion de notre propre image.

Gloire à nos Ancêtres!

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1 commentaire

Classé dans Culture et Société

Une réponse à “La fascination pour les images macabres par Nzwamba Simanga

  1. hodismo

    Analyse très pertinente.
    La guerre de l’image est une chose à ne pa s mettre au second plan tant ses repercussions psychologiques. Sont importantes .

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