Côte d’Ivoire : Entre le mépris des occidentaux et le suivisme et le cynisme des Africains !

« Les africains doivent penser comme les occidentaux sinon ils pensent mal » !

Voilà ce que je me dis quand je regarde ce qui se passe actuellement en Côte d’Ivoire. Que s’est-il passé pour qu’on n’en arrive là ? Tout le monde s’en fout ! Nous avons tous gobé ce que nous avons vu à la télévision occidentale et l’avons ensuite propagé. Depuis les Ivoiriens sont asphyxiés sur la demande du président que supporte les occidentaux prétextant que c’est pour forcer Gbagbo à partir, une solution militaire est aussi envisagée sans que l’on cherche à savoir ce qui s’est passé réellement.

On étouffe cette vérité et on demande depuis l’occident au leader qui est désigné vainqueur par le conseil constitutionnel de partir en brandissant l’argument de la démocratie et des droits de l’homme le tout dans une propagande dégueulasse et cynique. Ils se donnent le droit de s’ingérer dans les affaires intérieures ivoiriennes en particulier et dans les affaires Africaines en générale. Depuis quand les journalistes se permettent de ne pas donner l’information mais de la fabriquer? Qui charge à ces journalistes de dire qu’il faut tuer Gbagbo ( cf : regarder l’édito de Christophe barbier « la France doit montrer ses griffes à Gbagbo ») et d’autres de lui demander s’il est prêt à mourir pour ses idées ( cf : l’interview de Michel Dénisot de canal+,  reportageM6 etc. )?
Je ne savais pas qu’un litige électoral pouvait conduire à cette situation, d’autant plus que ce litige provient du quartier général du  candidat qui est reconnu par cette Communauté international qui cherche à le faire accepter par tous les moyens.

Tout cela je le comprends parce qu’ils défendent leurs intérêts mais le comprendre ne signifie pas l’accepter pour autant. Et c’est là que les africains qui suivent comme « un troupeau dérouté », pour reprendre Lippmann en parlant de la masse, doivent se poser une sérieuse qui est : Qui est celui que nous suivons et que sommes nous au regard de ceux que nous suivons? Est ce que c’est comme ça que nous aller dans le nouveau monde?
A chaque fois que la vérité occidentale sonne dans les affaires intérieures en Afrique, c’est le sol africain qui rougit à la fois de honte et de sang! Quand allons-nous en prendre conscience? Que pèse la vérité africaine dans nos affaires intérieures? RIEN !
Je dois dire qu’elle n’existe pas, elle est juste une illusion. Les Africains sont des enfants dont l’émancipation doit être décidée par les anciennes puissances occidentales qui continuent de regarder le continent comme une carte aux trésors. Ils ne se priveront jamais et tout est permis, absolument tout comme serrer la main de Hu Jin Tao et demander à Gbagbo de partir ou proposer à Ben Ali de l’apporter un soutien pour contrer une révolution du peuple exactement comme l’ONU le fait actuellement avec les rebelles  baptisés FORCES NOUVELLES par Chirac et qui devaient être désarmés avant qu’on aille aux élections !
Ceci me rappelle ce propos de Frantz Fanon quand il s’exprimait sur la mort de Lumumba : « Notre
tort à nous, Africains, est d’avoir oublié que l’ennemi ne recule jamais sincèrement. Il ne comprend jamais. Il capitule, mais ne se convertit pas. Notre tort est d’avoir cru que l’ennemi avait perdu de sa combativité et de sa nocivité. Si Lumumba gêne, Lumumba disparaît. L’hésitation dans le meurtre n’a
jamais caractérisé l’impérialisme.  » (cf : La mort de Lumumba : pouvions-nous
faire autrement ? », in Afrique Action, n°19, 20 février 1960, repris dans «Pour la Révolution Africaine » 1964.)

Nous n’avons certes pas assisté à la Conférence de Berlin dont l’Acte final a fixé les règles de la colonisation de l’Afrique et a imposé le principe de l’effectivité pour reconnaître une annexion. Cependant, actuellement, nous assistons dans un consentement trop passif à la recolonisation de notre continent; si passif que je demande si le poète n’a pas vraiment réussi à nous faire croire que notre relation avec les anciennes puissances cesseraient un jour d’être des rapports de force, que nous redeviendrons à leurs yeux des humains…oui des humains puisque COLONISATION= CHOSISIFICATION; et une recolonisation est une chosification de la chose anciennement humaine quelque soit le motif. C’est une insulte au 21èmesiècle et pourtant en 2010, nous paradions pour fêter le cinquantenaire des « in »-dépendances!

En diplomatie, il n’y a ni bon ni mauvais. Tout est cristallisé autour des intérêts. C’est une question de rapport de force ! Sinon pourquoi continuer les pressions et l’envoie de troupes au même moment des médiations pour la paix ? Une paix en Côte d’Ivoire n’est elle pas ce que veulent tous ces acteurs qui se prennent pour les seuls capables à résoudre cette crise et ceci qu’en bafouant la constitution et la souveraineté ? Si le rapport de Thabo Mbéki, les propos de Rawling et de tous ceux qui cherchent la vérité passent sous silence, c’est parce qu’une grande propagande est diffusée sur cette question mais aussi parce que nous Africains faisons un suivisme pathétique. Nous faisons preuve d’une négation de toute vérité africaine et d’une capacité à prendre notre destin en main, comme si nous refusions de nous retrouver en face de nous, bref nous avons encore des intellectuels qui n’ont pas dépassé le stade enfantin et humiliant de la consommation passive et admirative de toute pensée venue d’ailleurs et conçue pour les berner. Et si nous voulons « une Afrique dont le toussotement inquiète au-delà de ses frontières les prédateurs d’hier dépouillés de toute envie, de toute volonté de domination, face à sa grandeur retrouvée » comme le voulait Cheikh Anta Diop il faudra lutter impérativement comme il le souhaitait pour  « une Afrique qui a cessé, par le biais des privatisations imposées, le transfert de ses richesses et la réduction de sa population en une masse d’ouvriers non qualifiés, manipulables et éjectables au profit d’un capitalisme toujours plus ultra, toujours plus insolent, toujours plus prédateur. » Et c’est là que je termine avec le cynisme Africain.

L’asphyxie est une solution déstabilisatrice de la Côte d’Ivoire, un moyen d’affamer la population et non une solution pour contraindre Gbagbo à partir. D’ailleurs elle devait être levée comme un panel a été constitué pour une mission d’évaluation et d’audit du scrutin afin de trouver une issue juste et contraignante pour les deux parties. Mais non !  En parlant paix des africains agissent guerre contre la Côte d’Ivoire et ça sous les ordres du même marteau qui frappait et que l’on a raccourci tout simplement la manche. Ces Africains promus au rang de défenseurs zélés d’intérêts inconciliables n’hésiteront devant rien et sont ceux qui demandent l’utilisation de la force avec la bénédiction de l’ONU, qui, quand il s’agit de questions sur le sol africain illustre bien ce propos de Fanon : « En réalité l’ONU est la carte juridique qu’utilisent les intérêts impérialistes quand la carte de la force brute a échoué. » Ils ont été spahis et aujourd’hui ils s’appellent CDEAO, ECOMOG etc.  Laissons les faire, nous accentuerons les divisions dans notre continent et ainsi nous pouvons oublier l’UNITE AFRICAINE.

Aujourd’hui c’est  la Côte d’Ivoire et dans une certaine mesure la Libye qui accueillera bientôt les forces onusiennes mais après qui sera le prochain ?

Babacar Faye

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Classé dans Economie et Politique

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