72h de Njàccaar

I. Idée

En Octobre dernier, Njàccaar Visionnaire Africain a organisé la 1ère édition des « 72h de Njàccaar » dédiée à Aline Sitoë Diatta, Malcolm X et Cheikh Anta Diop. En effet un an après la création de l’association, des membres établis à Toulouse avec à leur tête le président Cheikh Dieylar Diallo, ont eu l’idée d’organiser un événement qui serait fédérateur et en même temps serait comme un petit « anniversaire » de la première année d’activités.
Nous nous sommes interrogés sur le type d’événements à organiser et son contenu. De là nous est venue l’idée des « 72h de Njàccaar ». Le thème de la renaissance africaine n’a pas été très difficile à trouver par la suite. Nous sommes arrivés à un moment où la jeunesse africaine établie dans les différentes parties du monde cherchent à s’approprier leur histoire commune et se battent pour offrir au continent un avenir meilleur. Nous allions donc parler dans toutes les manifestations, de près ou de loin de la renaissance africaine pendant trois jours.
Il nous restait donc à décider du contenu de ces trois jours. Notre choix s’est porté sur des conférences, des ateliers, des expositions et des projections de vidéos. Dans la même lancée nous avons nommé chaque journée selon un axe important de la renaissance africaine et aussi en fonction de l’actualité du moment. Les trois journées étaient réparties comme suit :
– Technologies de l’Information et de la Communication
– Entreprenariat africain
– Cinquantenaire des Indépendances
Voici donc la genèse des « 72h de Njàccaar sous le thème de la Renaissance Africaine » qui va nous permettre de comprendre la suite.
Il faut retenir donc que l’idée des 72h est née deux mois avant l’événement tout au plus. Nous avons donc eu du temps assez restreint pour la préparation de l’événement.
II. Préparation

Nous voici donc à la phase de préparation de l’événement. Pour qu’un événement réussisse il faut bien sûr une bonne organisation qui passe par une bonne planification, une bonne identification et une répartition des tâches ainsi que la fixation de délais pour chacune d’entre elles . En d’autres termes se fixer des objectifs atteignables. C’est ce que nous avons fait en fonction de l’effectif des njàccaars présents à Toulouse pendant la période.
Une équipe d’une vingtaine de personnes était disponible pour assurer le travail dans les différentes commissions que nous avions mis en place. En l’espace de deux semaines nous avons élaboré le programme et avons commencé à contacter les intervenants et envoyer des invitations.
La prochaine étape est celle où on se pose la question suivante : « Bon d’accord ! Je sais ce que je veux faire, où et avec qui maintenant combien j’ai ? » La question du financement comme vous vous en doutez n’est la partie la plus joyeuse de tout événement. Il y a les dépenses d’organisation d’hébergement mais aussi de nourriture. Nous avons financé les 72 h par nos propres moyens c’est-à-dire par les cotisations de certains membres mais aussi sur fonds personnels de certains membres. Cela montre à quel point ils croient en l’association et sont prêts s’ils peuvent à y mettre tous les moyens dont ils disposent.
Nous avons confectionné nos flyers et affiches et avons commencé le matraquage dans les rues toulousaines, sur le site et sur Facebook. Nous avons confectionné nous-mêmes des calendriers et des tee-shirts à vendre pendant l’événement. Et hop nous voilà aux 72h de Njàccaar sous le thème de la renaissance africaine. Installez-vous confortablement et apprêtez-vous au voyage …
III. Organisation

Au cours de ces 72 h il y a eu plusieurs types d’activités parmi lesquelles des conférences, des ateliers, des expositions ainsi qu’une projection. Toutes ces activités furent des moments de partage, de découverte, d’échange, de débats même si les avis n’étaient pas toujours partagés. D’ailleurs telle n’était pas le but de ces rencontres. Ce qu’on peut par contre dire c’est que nous en sommes tous sortis avec quelque chose de neuf. Les associations qui étaient présentes, les artistes et créateurs, tous les intervenants ont gratifié le public présent de communications de qualité. Il s’agit des associations Kemra, Hemet Hetes, le CLEA, Pape Diop d’Afric1wear, de Fary Ndao, Sadio Sangharé, Natasha Suplisse sans oublier Njàccaar Visionnaire Africain.
Nous allons commencer par les ateliers. Cette partie des activités a vu la participation de l’association Kemra qui est établie à Lyon et qui œuvre pour une Afrique unie, Kemet (appellation de l’Afrique par les ancêtres). Pour plus d’informations sur cette appellation, vous pouvez vous rendre sur www.kemraonline.com ou surwww.africamaat.com. Ce qu’on en retient c’est que la Terre de nos ancêtres doit être au cœur de nos préoccupations. Les participants ont disposé d’une formation en Medu Neter qui est la langue traditionnelle la plus ancienne de Kemet. C’était la langue parlée par les égyptiens anciens et qui signifie parole sacrée. Cela fut un mini cours d’histoire fort intéressant sur l’Égypte antique. Les participants à l’atelier ont vraiment apprécié l’interaction et les exercices pour tester leurs acquis. Un grand merci aux membres de KEMRA, Wonkiamma, Inhore et Upa pour cette formation et aux participants d’avoir joué le jeu. Vous pourrez prochainement voir des extraits de vidéos de ces ateliers sur le site www.njaccaar.com.

A cela s’ajoute trois autres ateliers, celui dédié aux nouvelles technologies par Njàccaar et un autre destiné aux enfants à qui nous avons lu des contes africains. Le dernier atelier est l’atelier « Tresses africaines » animé par Corinne de l’association « Hemet Hetes» qui a pour but de promouvoir et valoriser les initiatives des afro descendantes dans des projets sociaux, culturels, économiques et humanitaires. Cet atelier a fait l’objet d’un débat très intéressant à la suite et d’une démonstration de tresses sur cheveux crépus et coiffure sur dreadlocks.
En ce qui concerne les conférences, il y a eu une série qui traitait de la renaissance africaine sous plusieurs aspects. Les principaux thèmes traités étaient la renaissance, les relations matrimoniales en Afrique, l’esprit d’entreprenariat, la situation économique actuelle de l’Afrique, l’apport du continent dans le domaine scientifique ainsi que l’apport de l’étudiant africain aujourd’hui dans le développement de la Terre mère. Les conférences en rapport avec l’analyse de la situation actuelle de l’Afrique ont eu en commun ceci : nous avons été fort dans le passé donc nous ne pouvons pas rester les bras croisés à ne rien faire. Des années d’esclavage et de colonisation ont certes blessé le continent et ses fils mais il est temps que nous prenions notre destin en main. Chacun de son côté ou conjointement il faut que les fils du continent préservent leur patrimoine. Une analyse très pertinente de la situation économique de l’ Afrique a été faite par Fary Ndao. Dans son exposé il a aussi apporté des solutions concrètes et réalisables aux problèmes économiques et au blocage que l’on a face à des géants économiques constitués tant par des institutions internationales que par des pays comme la France. La concrétisation de ces plans d’actions demande du temps, de l’organisation et surtout un sacrifice de la part des élites. Pour ceux qui voudront visualiser la totalité de ces conférences, se rendre sur le site www.njaccaar.comà partir de la mi-février.
Un hommage a été rendu au professeur Cheikh Anta DIOP pour le travail qu’il a accompli et son apport du point de vue scientifique et historique au continent et au monde. Face aux mensonges et aux usurpations qui jonchent l’histoire de notre continent il a su se réapproprier des concepts qui sont propres à nos réalités géographiques, économiques, politiques entre autres et assurer la transmission de ce savoir aux générations suivantes dont nous faisions partie. Son travail ne doit pas être un acquis sur lequel on s’adosse mais un départ pour la construction d’un nouvel état dans notre continent. Son travail ne doit pas être vain.
Toujours dans les conférences nous avons eu à parler de l’esprit d’entreprenariat en Afrique et chez les africains. C’était l’occasion de poser des questions sur la création d’entreprises, les motivations, les risques, l’intérêt de se lancer dans la création d’entreprise. Les membres du CLEA (Club des Entrepreneurs Africains) ont partagé leur expérience dans ce domaine et invitent la jeunesse à développer un esprit d’entreprenariat surtout dans un continent où il y a un marché en pleine expansion dans plusieurs secteurs de l’activité économique.
Les deux autres types d’activités sont les expositions qui ont vu la participation de Natasha Suplisse jeune peintre guadeloupéenne et de Pape Diop créateur de la marque Afric1wear basée à Toulon.
Des œuvres magnifiques, colorées qui parfois ont une signification profonde par rapport à l’artiste mais qui à chaque fois laissent libre cours à l’imagination des spectateurs, ont été au cœur de l’exposition de Natasha. Ce qui frappe dans ses œuvres ce sont les couleurs vives mais surtout les feuilles d’or qui sont une des richesses de son ile natale. Elle nous a raconté l’histoire des personnes qui travaillent dans les mines d’or mais qui meurent à cause d’une substance avec laquelle ils sont en contact au cours de la recherche. La ligne de vêtements Afric1wear a été créée en 2005 et aujourd’hui elle continue à défendre les couleurs de l’Afrique à travers la mode mais aussi à travers des activités humanitaires. Leur présence nous a permis de voir leurs créations, tee-shirts, sweat, casquettes et autres accessoires de mode pour hommes et femmes. Vous pouvez voir les collections d’Afric1wear sur leur sitewww.afric1wear.fr . Un clin d’œil au cinéma africain a été fait en projetant le film Guelwaar de Ousmane Sembene, un classique du cinéma africain. Ce film retrace l’histoire d’un africain fier et déterminé qui était contre l’aide octroyé au continent par les instances internationales mais exhortait le peuple à rester digne et gagner leur pain à la sueur de leur front.

IV. Mini-bilan et axes d’ améliorations

La première édition des 72h de Njàccaar fut pour nous une réussite. Avec un temps restreint et des moyens financiers limités nous sommes parvenus à gérer des dépenses liées à l’organisation de l’événement et mais aussi des imprévus. L’équipe a assuré une bonne ambiance tout au long des 72h et cela avait son importance avec plusieurs personnes qui se sont déplacées pour venir assister aux activités. Nous remercions ceux et celle qui sont venus de Lyon, de Grenoble, de Toulon, de Marseille, de Paris, de Montpellier…
Le contenu des activités était choisi en rapport avec la renaissance africaine et chaque journée avait un thème d’où la cohérence des interventions. Pour une première fois nous étions satisfaits du résultat. Des jeunes avec aucune expérience dans l’organisation d’événements ont réussi à faire des efforts considérables.
Pour une prochaine fois nous pourrions améliorer plusieurs points dont :
– Un budget prévisionnel qui permettra effectivement d’assurer toutes les dépenses pour ne pas faire face à des imprévus.
– Faire avec ce qu’on a comme on aime à le dire.
– Ne pas oublier que profusion de quantité n’est pas toujours égale à qualité. C’est-à-dire revoir ses ambitions à la baisse lorsque nos capacités ne s’y prêtent pas.
Finalement les 72h auront été l’occasion d’apprendre et de se rendre compte de beaucoup de choses qu’on ne voit qu’avec du recul. Une expérience à renouveler !!!!

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Classé dans Culture et Société

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