Mondialisation : Qui y gagnent ? Qui y perdent ?

Depuis  presque  deux  décennies , la  Mondialisation  désigne  cette  volonté   de  désintégrer , de  découvrir  les  particularités  de  chaque  peuple  ou  de  chaque  continent  en  des  systèmes  standardisés ne  permettant  plus  aux  peuples  de  rester  cloitrer  dans  leur  identité  propre . Elle  plaide  en  un  mot  pour  un  rendez-vous   d’échanges , de  découverte  de  l’autre , et  de  chocs  des  cultures . Feu Amadou Gueye  Ngom critique  social  le  définissait  comme  étant  un  « processus  géo-historique  qui  s’est  muée  en  concept  autour  duquel  les  intellectuels  va-en  guerre  fourbissent  leurs  armes  alors  qu’il s’agit   d’une  réalité toute  simple  qui  n’est  rien  d’autre  que   le  choc   de  cultures  qui  s’embrassent,  se  repoussent  ou  se  fécondent  pour  aspirer  à  une  utopique homogénéisation. »

Utopique, le  mot est  bien  choisi. Au  carrefour  des  cultures, forcément  il  y’aura  une  qui  dominera. L’homme  cherche  par  nature  à  dominer  son  prochain. C’est  peut  être pour  cette  raison  que  Thomas  Hobbes disait    « l’homme  est  un  loup  pour  l’homme ». Vrai  ou  faux, je vous  laisse  l’honneur de la  commenter. Mais  heureusement  que  Dieu  a  fait  de  telle  sorte  que les  besoins  naturels  et  nécessaires  sont   souvent  accessibles ( Eau  entre  autres … ). Epicure va  même  surenrichir  cette  idée  en  disant : « Grâce  soit rendue  à la  bienheureuse  nature  qui a  fait  que les  choses  nécessaires sont  faciles  à  se  procurer  tandis  que  les  choses  difficiles  à  obtenir  ne  sont  pas  nécessaires. »

Revenons  à  notre  mouton  et  n’essayons  pas  de  travestir  la  problématique  en virant  vers  des  explications philosophiques. Dès  lors,  qui  parle  d’échanges, parle  nécessairement  de  balance, de  donner  et  de  recevoir   expression  chère  à  notre  feu  président  poète  Léopold  Sédar  Senghor. Mais  les  plateaux  de  cette  balance  sont-ils  équilibrés? Je n’en suis pas convaincu !  En  étudiant  à  la  loupe  ce  phénomène , on  arrive  à  disséquer  les  constituants  des  deux  plateaux  de  cette  balance. En effet, dans  un  plateau  se  trouvent  les  pays  dits  pays  riches  ou  du  point  de  vue  géopolitique   les  pays du   Nord   et  de  l’autre  coté   les  pays  du  tiers  monde ou  du  Sud  géopolitiquement  parlant  ou  encore  par  euphémisme occidentale  les  pays  en  voix  de  développement.

Que  proposent  les  pays  du  Nord?  Véritables  fer  de  lance  de  ce  processus, ces  pays  ayant  connus  une  forte  croissance  économique depuis  la deuxième  guerre  mondiale ( je  préfère  à  seconde guerre ! )   ont  trouvé  nécessaires  d’élargir  leur  marché  de  consommateurs  et  ont envahie  de  manière  impériale  les  pays  du  Sud . Ils  y  vendent  leurs  produits  manufacturés ( riz , blé , café, voitures , vêtements ,  etc … )  après  les  avoir  extirpés  sous  formes  de  matières  premières  de  l’Afrique  , y  amènent  leurs  produits  culturels ( films ,accoutrements , coiffures  , coutures , modes  etc … )  , y  imposent  leurs  services  multimédia ( Internet , Ordinateurs , télévisions , téléphones etc … )  et  enfin  y  déversent  leurs  déchets  industriels .

Ces  échanges  se  font  au  détriment  des  pays  du  Sud  avec  des  taux  d’échange  n’arrangeant  guerre  ces  derniers . C’est  ce  que   les  spécialistes  appellent  avec  une  expression  plus  savante «  la  détérioration  des  termes  de  l’échange. »

On  peut  affirmer  en  toute  vraisemblance  que  le  trident  Amérique / Europe / Japon  que  menace  l’hydre  chinois  en  passe  de  lui  ravir  la  palme  constitue  un  danger  réel  pour  les  économies  des  pays  du  Sud  qu’on  le  veuille  ou  non.

De  l’autre  coté, qu’amènent-ils  à  leur  tour  les  pays  du  Sud? Véritables  perdants  de  ce  phénomène   vicieux, ils  font  que  recevoir. Ils  reçoivent  les  produits  européens  génétiquement  modifiés  vecteurs  de  toutes  les  maladies, reçoivent  les  produits  chinois  dont  le  manque  de  qualité  n’est  plus  à  prouver,  reçoivent  le  riz  thaïlandais  qui  n’est  pas  meilleur  que  le  notre. A  cela  s’ajoute  les  réceptions  culturelles   notamment  les  coiffures  importées , les  cheveux  d’indiennes  mortes, les  télénovellas  brésiliennes  qui  ne  font  que  favoriser  la perversion  et  la  perdition  de  notre   société.

Les  pays  du  Sud  sont  ouverts  à  tous  les  vents. Ils  acceptent  les  pseudo-conseils   de  n’importe qui, appliquent  les  modèles  de  développement de  tous  les  coins  du  Monde, ne  résistent  à  aucun  vents, qu’ils  soient Nord  ou Sud,  bons  ou  dévastateurs.  Restant  persuadé  qu’un  model  de  développement  ne  s’importe  pas,  le  developpement  n’est  pas  du  prêt  à   porter  comme dit-on  souvent, il  doit  être  pensé , nourri  et conçu  par   les  autochtones  pour  les  autochtones  en  tenant  compte  des  réalités  socioculturels  de  ces  derniers.

Avant   de  s’ouvrir  au  Monde  , il  faudrait  d’abord  s’ouvrir  à  nous  mêmes. Faciliter  les  échanges  Sud / Sud  en  enlevant  les  barrières  douanières  entre  pays  du  Sud   au  lieu  de  rester  dans  l’idée véhiculée  par  les  occidentaux  selon  laquelle   l’occident seul  est  capable  de  produire  un  système  politique, économique ou  social  suffisamment  puissant  pour  gommer  toutes  velléités  de  sursaut  nationalistes.

Si  l’occident  se  vante  de  nous  avoir  apporté  la  démocratie, moi  je  lui  rétorque  que  je n’ai  pas  encore  vu  réellement  l’utilité  de  ce  concept  flou. Un  concept  qui  même  les  présumés  créateurs  n’arrivent  pas  à  appliquer. A  en  croire  à  un  des  leurs  Jean  Jacques  Rousseau le  terme  démocratie  pris  dans  la  rigueur  de  l’acceptation, il n’y  a  jamais  existé  de  véritable  démocratie  et  il  n’en  existera  jamais, il  est  inconcevable  que  le  grand  nombre  gouverne  et  que  le  petit  soit  gouverné. Donc  à  quoi  bon  de  répété  ce  terme  à  satiété  alors  que  les  concepteurs  s’accordent  à  dire qu’il   n’est  point  applicable  dans  une  cité?

La   mondialisation  telle  qu’on  la  vie  actuellement, n’arrange  surtout  pas  les  pays  du  Sud. Ils  sont  dominés, exploités, recolonisés, et  lâchés  à  leurs  sort. Au  delà  de  ce  déséquilibre  économique  accru, se  cache  un   mimétisme  culturel  bien  plus  dangereux. On  veut  bien  s’ouvrir, mais  à  quel  prix?

Il  faudrait  repenser  cette  mondialisation, redéfinir  les  termes  d’échange, niveler  la  balance  des  échanges. Il  ne  s’agira  pas  de  détruire  le  riz  ou  mais  OGM ou d’être  des  militants  antimondialistes  ou  encore  de  créer  des concepts  néologistes  tels  la  « dé mondialisation »  Arnaud Montebourg député  PS  du Saône  et  Loire,  mais  pour  nous  c’est  de  revoir  tous  les  termes   d’échanges  économiques, politiques  et  socioculturels au  cas  où  ce  phénomène  serait  irréversible  sinon  de  l’éliminer   tout  court  car  elle  ne  fait  qu’accentuer  la  fracture  entre  pays  du  Nord  et  ceux  du  Sud.

N’oublions  pas  que  l’esclavagisme  s’est  atténuée  pour  devenir  la  colonisation  alors  la  mondialisation  n’est-elle  pas  une  forme   de  colonisation  déguisée? Une  colonisation  latente ?

Abdou  Khoudoss  CISSE

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