Devoir d’action

L’Afrique, un continent sous-développé, un continent où il y’a guerre, famine, dictature, sous-développement, enfants de la rue, une jeunesse qui perd ses repères, des anciens qui ont baissé les bras, corruption, désolation, aliénation.

Quand nous regardons les médias, il se trouve que c’est l’image qu’on renvoie le plus souvent. N’y a-t-il que cela dans notre cher continent? Pas plus tard que la semaine passée, une anecdote bien malheureuse nous a fait rire à défaut de nous faire pleurer : « le président d’un de nos pays a nommé un homme le 18 janvier 2011 alors que l’homme en question était décédé le 11 mai 2010 ». Pour ma part, des anecdotes de ce genre me laissent toujours entre les larmes et le rire. Comment sont distribués les postes ? Sur quelle base ?

Nous avons énormément  de problèmes à résoudre. Ca devient même un euphémisme de le dire. Aucun africain ne peut plus s’offrir le luxe de se dire « je me sens pas concerner ». Peut-on continuer à se dire que ça ne nous regarde pas quand des enfants meurent de faim, quand des enfants sont dans la rue, y grandiront et ne connaitront que ça. Quand des enfants sont transformés en soldats pour des causes qui leur échappent, quand le viol est utilisé comme arme de guerre sur des enfants et des femmes qui n ont jamais demandé à être pris dans une guerre qu’ils n’ont pas choisie, qu’ils ne comprennent même pas. Quand l’enseignement est pris en otage, nos petits frères et sœurs livrés à eux-mêmes, quand des politiques et des religieux se servent de nous comme paillassons et marchepied pour servir leurs intérêts, quand le culte de la médiocrité, de la fourberie, de la malhonnêteté, de l’immoralité, de la traitrise fait loi  pour gravir les marches. Quand l’aliénation gagne du terrain encore et encore.  « Personne n’aura un avenir dans un pays qui n’en a pas. » Donc notre propre avenir est étroitement lié à l’avenir de nos pays, à l’avenir de notre continent. Sommes-nous conscients de cela?

Ce n’est pas en occultant ou en faisant comme si ces problèmes n’existaient pas qu’ils disparaîtront pour autant. Bien au contraire, la politique de l’Autriche n’a jamais réglé aucun problème. Face au problème qu’importe le choix que nous avions fait au départ nous subissons toutes les conséquences et cela n’épargnera personne, les compromis sont toujours payés au prix fort. Au Sénégal et dans le reste du continent  nous entendons de plus en plus de scandales à coups de milliards, d’argent qui disparaît et tout retombe toujours sur le dos du contribuable qui entre temps manque de tout: ne mange plus, ne boit plus, car cela devient de plus en plus un luxe vu que la vie est trop chère pour lui. L’électricité, évitons d’en parler! Cela commence à être une chose à expliquer au plus jeune tellement on nous la balance a coup de « xouy-xamét ».  La jeunesse est la solution de l’Afrique; mais quelle jeunesse ? La jeunesse debout, consciente et responsable! Nous nous refugions de plus en plus derrière des figures comme Thomas Sankara, Patrice Lumumba. Est-ce une prise de conscience car ils savent qu’ils peuvent plus s’offrir le luxe de se dire non je ne suis pas concerné mais qu’on se dise la vérité ce n’est en rien suffisant car comme le dit Thomas Sankara  « la maladie ne se guérit point en prononçant le nom du médicament, mais en prenant le médicament ». Ce choix d’être conscient ou pas nous est tout simplement enlevé quand nous naissons dans un continent comme l’Afrique, dans un pays en voie de développement où chacun doit impérativement amener sa pierre à l’édifice. Chaque enfant africain doit impérativement avoir de l’ambition et surtout doit être conscient de la lourde tâche qui lui revient : « LE DEVOIR D’ACTION »! Sa destinée est inexorablement liée à celle des siens.

Nous aimons parler de l’incapacité de nos dirigeants pour justifier l’état des choses mais ne dit-on pas que « tout peuple a les dirigeants qu’il mérite ». Tout en évitant d’aller jusque-là tout de même, qui ne dit rien consent : si on ne dit pas NON, c’est par défaut parce qu’on est d’accord sans pour autant rentrer dans la culpabilisation des autres. La situation est arrivée a un tel point que nous ne pouvons plus nous contenter d’être des spectateurs, nous sommes COUPABLES du côté des malfaiteurs ou tout simplement parce que nous les aidons à faire, COMPLICES car nous nous taisons, nous ne réagissons pas et qu’on s’entête à dire : « JE  NE SUIS PAS CONCERNE, CELA NE ME REGARDE PAS, CE NE SONT PAS MES AFFAIRES». Le problème des femmes qui se font violer au Congo avec la rébellion concerne tout jeune africain conscient des problèmes de son continent. Celui d’un enfant qui traîne dans les rues et qui n’ira pas à l’école parce qu’il est né dans un pays du tiers monde, que ce soit au Sénégal ou en Côte-d’Ivoire concerne tout jeune africain qui se dit conscient. La question d’un enfant soldat doit autant interpeller un jeune de son pays qu’un autre africain qu’importe sa nationalité. La mal gouvernance et l’incapacité de nos gouvernements nous concernent tous.  Les dernières crises qui ont secoué notre continent nous ont encore démontré le devoir d’action de la jeunesse, que ce soit le syndrome du double président en Côte-d’Ivoire ou au Gabon ou tout simplement la révolution de la rue exprimant son ras-le-bol en Tunisie et qui se trame peut être bien en Egypte. Et la place des jeunes dans tout cela ? Si les choses vont aussi mal, osons le dire,  c’est parce que nous jouons le jeu. Nous ne pouvons pas demander aux autres de faire des choses que nous refusons nous même de faire. Si les nôtres meurent de faim, nous sommes complices; si les nôtres se font tuer, nous sommes complices; quand les nôtres souffrent, nous sommes complices! Complices car nous ne disons pas non et surtout nous ne faisons rien. Comme le dit Norbert Zongo, « la pire des choses ce n’est pas la méchanceté des gens mauvais, mais le silence des gens bien, le voleur a raison de voler c’est vous qui avez tort de vous laisser voler ». Si les jeunes ne font rien pour rétablir les choses c’est pire que de dire que tout ceux qui se sont battus et ont donné leur vie pour un idéal sont morts pour rien. Nous les tuons nous-mêmes à notre tour à chaque fois que nous refusons de prendre nos responsabilités. Si nos gouvernements continuent à nous dépouiller, ils n’ont pas tort, surtout quand ils ont en face d’eux une jeunesse qui a baissé les bras avant même d’avoir retroussé les manches pour se mettre au service de notre cher continent. Jeune et conscient ne rime pas avec jeune et inaction. Chacun a un domaine où il peut créer la différence. Chacun a une zone bien définie où il peut s’impliquer pour pouvoir faire quelque chose. Nous le pouvons tous! Pas besoin d’être un intellectuel, un surdiplômé ou encore d’être riche ou trouver un travail avec beaucoup d’argent pour le faire comme le dit un dicton wolof « kouy rame di la bokh sou dokhé yobalalé ».  Donc sans doute, le contraire laisse à réfléchir. Il n’est jamais trop tard pour s’y mettre. Nos pays ont besoin de nous, notre continent a besoin de nous. Mais nous avons plus le temps de prendre notre temps. L’HEURE EST AUX ACTES. Quand on veut, on peut. Il suffit juste de se donner les moyens de le faire et bien le faire. Le reste, c’est juste se donner des excuses pour se donner bonne conscience et quand on commence à trouver des excuses à ses faiblesses et à faire des compromis avec ses convictions, nous nous trouvons dans une pente très glissante où nous avons tout à perdre et rien à gagner. Frantz fanon a dit : «chaque génération doit dans une relative opacité découvrir sa mission, la remplir ou la trahir ». AGIR, REAGIR OU SUBIR ? A chacun de nous de voir!!!

Fatou Niang Sow

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